Montpellier : Souffrant d'une mauvaise image, l'ex-Internat d'excellence se transforme

EDUCATION Fruit du mandat de Nicolas Sarkozy, l’établissement devait accueillir des élèves méritants, mais aussi de milieux défavorisés…

Nicolas Bonzom

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L'ex-Internat d'excellence de Montpellier.
L'ex-Internat d'excellence de Montpellier. — N. Bonzom / Maxele Presse

A Boutonnet, à Montpellier (Hérault), l’ancien Internat d’excellence veut redorer son blason. Devenu il y a peu la « Cité scolaire de la réussite », l’établissement qui accueille un collège et un lycée a vu le jour en 2010 sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy.

Mais si au départ, il devait accueillir des enfants méritants, motivés, mais issus de milieux défavorisés, la réalité était finalement toute autre : « Très vite, l’établissement a fléchi vers d’autres types de public, confie Anne Mayard, proviseure de l’infrastructure, faute de candidats correspondant au profil initial. Lorsque je suis arrivée ici, en 2015, il accueillait des élèves qui cumulaient, certes, des difficultés sociales, ce qui est la vocation de l’établissement, mais aussi personnelles, familiales et de santé. »

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« Mixer les publics »

Un cocktail explosif qui a conduit à de nombreuses difficultés dans la gestion des élèves. Et qui a notamment contribué à faire apparaître l’établissement dans la rubrique Faits divers, en 2015, quand une affaire de « bizutage » filmé a éclaté.

A la Cité scolaire, c’est donc un véritable plan qui a été mis en place pour effacer sa « mauvaise réputation » qui traîne depuis trop longtemps. « L’idée, c’est de maintenir la vocation sociale de l’établissement, mais de mixer les publics », confie la directrice.

Un nouveau nom

Exit donc la classe de CM2, l’ex-Internat d’excellence n’accueille désormais que des collégiens et des lycéens, 330 au total. Le lycée s’ouvre à présent aux externes, et l’établissement montpelliérain accueille, également, des sportifs de haut niveau. Quelques judokas sont notamment déjà scolarisés dans le quartier Boutonnet.

« La politique éducative a été entièrement repensée, assure Anne Mayard. Les rythmes des élèves ont été modifiés. Des études en autonomie ou encadrées, des cercles de parole, du coaching collectif ou des accompagnements à travers le numérique ont été créés. » Avec un avantage important : ici, il y a moins d’élèves par classe qu’ailleurs, ce qui rend possible un suivi plus individualisé. Le changement de cap global de la Cité scolaire de la réussite doit être salué prochainement par une nouvelle appellation : elle prendra le nom d’une figure féminine historique, qui reste encore à définir. Peut-être une figure de la résistance. Car ce bâtiment flamboyant a accueilli, pendant la Seconde Guerre Mondiale, des geôles qui ont servi à la milice. Ce serait tout un symbole.