Occitanie: La fondation Abbé-Pierre s'alarme du manque de logements sociaux

LOGEMENT La structure a dévoilé mercredi le volet régional de son rapport sur le mal-logement...

Nicolas Bonzom

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Des logements sociaux (illustration).
Des logements sociaux (illustration). — STEPHANE DE SAKUTIN AFP

Voilà vingt-deux ans que la fondation Abbé-Pierre publie chaque année son rapport sur le mal-logement en France. « Vingt-deux ans, cela prouve que les choses ont du mal à bouger », regrette Frédérique Mozer, la directrice régionale de la structure, qui a présenté mercredi à Montpellier (Hérault) le volet régional de cette étude.

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Et si certains indicateurs économiques sont dans le rouge en Occitanie (11,9 % de chômage et 16,7 % de pauvreté), les chiffres du logement sont eux aussi alarmants.

8 % de logements sociaux

« Dans la région, la situation est particulièrement difficile en ce qui concerne les hébergements d’urgence et les logements temporaires, note Frédérique Mozer. Le territoire est très en retard, notamment dans l’Hérault et la Haute-Garonne. »

Mais c’est bien le logement social qui fait le plus défaut en Occitanie : selon la fondation Abbé-Pierre, il y a 8 % de logements sociaux en région Occitanie, alors que la moyenne nationale est à 15 %. Sur ce territoire extrêmement attractif (environ 53.000 nouveaux habitants chaque année), le parc social n’est pas assez grand : il y aurait 130.000 demandes de logement social en attente dans la région (dont 40.000 en mutation).

Se tourner avec les logements vacants

Il faut entre 18 et 20 mois en moyenne pour décrocher un appartement de ce type en Occitanie (20 mois dans l’Hérault). Et environ 17 % de ces dossiers sont en attente depuis plus de trois ans. Alors oui, la production de logements sociaux a augmenté depuis dix ans (environ 6.000 par an en 2005 contre 10.500 en 2016)...

Mais cela n’est pas encore suffisant, assure la fondation Abbé-Pierre : « Le retard se creuse encore un peu plus tous les ans. Il faut accélérer cette production. Et se tourner vers le parc privé », assure Frédérique Mozer. La fondation souhaite notamment inciter les propriétaires des quelque 10 % de logements vacants en région Occitanie à s’activer pour ouvrir leur bien à la location. Histoire d’apporter leur pierre à l’édifice.