Salon de l'agriculture : Pourquoi vous n'y verrez pas de taureau de Camargue

AGRICULTURE La race du delta du Rhône, qui vit dans l’Hérault, le Gard et les Bouches-du-Rhône, est l’une des dernières races bovines encore à l’état sauvage…

Nicolas Bonzom

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Un taureau de Camargue.
Un taureau de Camargue. — Ausloos / Sipa

Il est une figure emblématique de la Camargue, comme le cheval gris ou le flamant rose : le taureau de Camargue, à la robe noire et aux cornes en forme de lyre, est une véritable star du delta du Rhône. C’est dans l’Hérault, le Gard et les Bouches-du-Rhône que vit l’imposant bovin. Sur les trois départements, 20.000 bêtes vivent en semi-liberté dans 200 élevages, qui subsistent essentiellement avec la course camarguaise, mais aussi la viande, qui bénéficie d’une appellation d’origine protégée (AOP).

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Pourtant, malgré le prestige de la race, aucun taureau de Camargue ne se fera tâter les fesses par les très nombreux visiteurs du Salon de l’agriculture, à Paris, à partir de samedi, alors que la quasi-totalité de ces cousins bovins est représentée…

Un contact avec l’homme réduit

La raison est toute simple : c’est l’une des toutes dernières races bovines qui est encore considérée comme sauvage en Europe. « C’est un animal sauvage, difficilement transportable, qui ne peut pas être retenu dans de petits espaces comme sur le Salon de l’agriculture », explique Magalie Saumade, manadière et présidente de l’AOP.

Le taureau de Camargue est manipulé par l'homme à cheval.
Le taureau de Camargue est manipulé par l'homme à cheval. - ALLILI MOURAD / SIPA

« Le taureau de Camargue est fait pour rester dans son pré, reprend Jérôme Papaix de la chambre d’agriculture du Gard. Même à Nîmes, lorsque nous organisons notre fête sur l’esplanade, il n’y en a pas… » Dans les prés, où il vit sur des surfaces de 20 à plus de 100 hectares selon les exploitations, son contact direct avec l’homme est d’ailleurs réduit au strict minimum pour préserver son caractère sauvage et sa liberté…

« C’est pour cela que l’on ne les manipule qu’à cheval », confie Pierre Rambier, éleveur à Saint-Géniès des Mourgues. « On peut évidemment les voir, lors de démonstrations en Camargue, souligne Jean-Elie Agnel, manadier à Le Cailar. Mais les toucher… Non. »