Montpellier: ABX464, la molécule qui pourrait bien révolutionner le traitement contre le Sida

RECHERCHE Mise au point par la société Abivax, hébergée par le CNRS, elle pourrait, si son efficacité est prouvée, remplacer les trithérapies actuelles…

Nicolas Bonzom

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Deux chercheurs dans le laboratoire Abivax, à Montpellier.
Deux chercheurs dans le laboratoire Abivax, à Montpellier. — N. Bonzom / Maxele Presse

En matière de recherche anti-VIH,Montpellier pourrait bien apporter sa pierre à l’édifice. Chez Abivax, on fonde en tout cas de grands espoirs sur ABX464, une molécule qui pourrait changer le quotidien des personnes porteuses du virus.

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Cette société de biotechnologie, dont les travaux de recherche et de développement sont implantés dans la capitale héraultaise, a uni ses efforts en septembre dernier, avec le CNRS et l’université de Montpellier, pour booster la découverte de nouveaux traitements. Et question Sida, ça avance, si l’on en croit les responsables de l’entreprise.

« On n’élimine pas le virus, on parvient à le contrôler »

ABX464, la molécule qui fait l’objet de toutes les attentions au sein d’Abivax, déploierait, une fois administrée au patient, un mécanisme qui entraînerait une baisse de la charge virale. « Une personne atteinte par le VIH est obligée de prendre son traitement tous les jours, explique Didier Scherrer, le vice-président de la société, qui emploie 35 salariés. Si le traitement est arrêté, le virus se multiplie, et reprend de plus belle. »

Or, une expérience pratiquée sur des souris porteuses du virus a permis de démontrer dernièrement qu’une fois la molécule administrée, le « rebond » du VIH est beaucoup, beaucoup moins important une fois la trithérapie arrêtée. « Cela ne signifie pas que l’on élimine le virus dans l’organisme, mais on arrive à le contrôler », reprend Didier Scherrer

Dans le laboration Abivax, à Montpellier.
Dans le laboration Abivax, à Montpellier. - N. Bonzom / Maxele Presse

Une étude sur des patients livrée en avril

ABX464 pourrait ainsi, si son efficacité est prouvée dans les prochaines années, simplifier le quotidien des personnes atteintes par le virus du Sida, dont le traitement est lourd : la fréquence d’administration et la durée du traitement avec cette nouvelle molécule pourraient être bien inférieures à celles des traitements actuels contre le VIH.

« Une étude sur 28 personnes porteuses du VIH, qui respectent leur trithérapie, et qui reçoivent en même temps la molécule ABX464 vient d’être menée, souligne le professeur Jamal Tazi. Les résultats seront connus à la fin du moins d’avril. » Si les résultats s’avèrent concluants, Abivax espère une mise sur le marché d’ici 2020.