Gard: Le succès grandissant du vin 100% vegan

AGRICULTURE « 20 Minutes » a rencontré des producteurs qui se sont lancés dans le vin sans aucune protéine animale : la cave de Saint-Maurice de Cazevieille et le château Beaubois…

Nicolas Bonzom

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Les consommateurs sont plus exigeants et soucieux de la traçabilité du vin.
Les consommateurs sont plus exigeants et soucieux de la traçabilité du vin. — M.LEE / REX / SIPA

Désormais, même les amateurs de vin ont la possibilité de boire vegan. Le logo européen Label V, qui certifie, depuis 2016, en France (et une dizaine d’années en Europe) de la provenance 100 % végétale des produits, débarque au rayon grands crus.

« Le vin est un domaine extrêmement particulier : les ingrédients ne sont pas directement indiqués sur la bouteille, d’où la volonté croissante des consommateurs et des producteurs de proposer plus de clarté », confie Jean-Benoît Robert, membre de l’association végétarienne de France, et responsable du Label V dans l’Hexagone.

Le label de certification végan.
Le label de certification végan. - Label V.

« Une façon de continuer notre parcours environnemental »

Pour l’instant, sept producteurs de vin seulement en France ont le droit d’apposer le logo jaune et vert sur les bouteilles. « Mais c’est exponentiel », note Jean-Benoît Robert.

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C’est notamment le cas du château Beaubois, à Franquevaux (Gard), sur les terres de l’appellation des Costières de Nîmes. Après le passage à une agriculture raisonnée en 2001 et au bio en 2009, le domaine franchit une nouvelle étape. « Le label vegan, c’est une façon de continuer notre parcours environnemental », confie Fanny Molinié-Boyer, qui s’occupe avec son frère François de ce domaine familial de 50 hectares, dont les ventes ont doublé en moins de trois ans avec le passage au biologique.

De la colle de pois cassés à la place des blancs d’œuf

Les rosés et les blancs portent déjà ce label. Quant aux rouges, ce sera pour le printemps. « D’ordinaire, le vigneron rajoute dans son vin des blancs d’œuf, reprend la gérante du château, géré depuis quatre générations par la même famille. Très peu : c’est de l’ordre d’une demi-cuillère, pour environ une centaine de litres de vin. Nous remplaçons tout simplement cette protéine animale par de la colle de pois cassés. »

Et que les consommateurs se rassurent : cela ne change absolument rien au goût. C’est juste une nouvelle manière de travailler, en respectant les normes du véganisme.

Un véritable engouement

A la cave coopérative de Saint-Maurice de Cazevieille (Gard), qui rassemble quelque 200 vignerons au pied des Cévennes, on vient également de se lancer dans l’ère du vegan : environ 250 hectolitres de vin labellisés ont été produits dernièrement.

Là aussi, les pois cassés ont pris la place des protéines animales. « Ce n’est que le démarrage, explique Vincent Trouillas, le président de la cave. C’est un processus dans l’air du temps, qui reflète bien l’évolution du marché et la demande du consommateur. » Au château Beaubois, le label végan a suscité un véritable engouement : le téléphone n’arrête pas de sonner. « Notamment des importateurs étrangers de vin, qui sont intéressés », souligne Fanny Molinié-Boyer. La preuve que l’heure est au vegan ?