VIDEO. Montpellier: Les clés pour comprendre le procès en appel de l’assassin présumé de Léa

JUSTICE Gérald Seureau, condamné en 2014 à la réclusion à perpétuité pour le viol et le meurtre de la lycéenne, est rejugé devant les assises de Carcassonne à partir de ce lundi…

N.B. avec AFP

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Une manifestation en 2013 en hommage à Léa.
Une manifestation en 2013 en hommage à Léa. — N. Bonzom / Maxele Presse

Dans la nuit du 31 décembre 2010 au 1er janvier 2011, Léa, 17 ans, était violée et tuée dans un parc de Montpellier (Hérault). Quelques heures plus tard, le père de la lycéenne montpelliéraine se rendait au commissariat de la ville pour signaler aux policiers la disparition inquiétante de sa fille, accompagné par un homme de 24 ans, qui affirmait avoir passé le réveillon de la Saint-Sylvestre avec elle : Gérald Seureau.

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Trois ans plus tard, en novembre 2014, ce dernier était condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 20 ans. Tandis que s’ouvre ce lundi devant les assises de Carcassonne (Aude) le procès en appel de Gérald Seureau, 20 Minutes vous donne les clés pour mieux comprendre cette affaire.

Karine Bonhoure, la mère de Léa, le 17 novembre 2014 au tribunal à Montpellier
Karine Bonhoure, la mère de Léa, le 17 novembre 2014 au tribunal à Montpellier - Pascal Guyot AFP

Que s’est-il passé pendant ce réveillon ? L’enquête a basculé au moment où le père de Léa et Gérald Seureau s’apprêtait à signer le procès-verbal d’audition le 1er janvier 2011 : un policier remarque alors un « gonflement important » sur l’une des mains du jeune homme. Il le place aussitôt en garde à vue. Gérald Seureau avoue alors, en pleurant avoir laissé Léa dans un parc, près du lieu où se déroulait la soirée.

Non loin de son corps, une gourmette portant le prénom du jeune homme est retrouvée. D’après la partie civile, la lycéenne a été violée et « massacrée ». L’autopsie conclura à une mort par asphyxie et des suites d’un traumatisme crâno-cérébral, avec comme facteurs aggravants une « hypothermie et une intoxication éthylique ». Des faits qui ont eu lieu après une soirée remplie d’alcool, de cannabis et d’amphétamines.

Pourquoi l’instruction fut-elle aussi compliquée ? La chambre de l’instruction de Toulouse prononçait en 2012 l’annulation des aveux de Gérald Seureau lors de sa garde à vue, estimant que la présence d’un avocat était nécessaire, et même si la réforme officialisant cette présence n’était pas encore entrée en vigueur…

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Dès lors, le meurtrier présumé a assuré ne plus se souvenir de rien, notamment devant le juge d’instruction. Il évoquera même « un coup monté par les témoins et la police ». D’autres pourvois en cassation ont été déposés pour éviter le procès, faisant craindre aux parents de Léa que le procès ne se tienne jamais, ou qu’il soit vidé de son sens. Mais finalement, en 2014, un procès aura bien lieu, et l’homme reconnaîtra les faits. « Cela fait quatre ans que je suis pétri de remords », avait-il confié devant le tribunal.

Quelques photos avec le hashtag #amisdelea.
Quelques photos avec le hashtag #amisdelea. - Capture d'écran Facebook

Comment les deux parties abordent-elles ce nouveau procès ? Considérant que la peine infligée en 2014 était « le minimum », les parents ne comprennent pas aujourd’hui pourquoi « le meurtrier [présumé] de leur fille » leur inflige un autre supplice, avec ce nouveau procès. « Il y a de la colère », note l’avocat de la mère, Me Marc Gallix. Me Luc Abratkiewicz, nouvel avocat de l’accusé, veut croire que « l’enjeu est de juger un homme. Il veut être jugé comme un homme, non comme un monstre (…) Gérald Seureau dira qu’il est coupable de tout, mais il ne pourra pas dire ce dont il ne se souvient plus… » Le verdict est attendu vendredi à Carcassonne.