VIDÉO. Montpellier: En cuisine, 13 femmes en difficulté retrouvent le goût de l’emploi

INITIATIVE Le projet Des étoiles et des femmes permet à des candidates de bénéficier d’une formation à la Table de Cana…

Nicolas Bonzom

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Treize femmes participent au projet Des étoiles et des femmes.
Treize femmes participent au projet Des étoiles et des femmes. — N. Bonzom / Maxele Presse

A la Table de Cana, on s’active… Midi approche à grands pas, et ce mardi, on reçoit du beau monde à manger : le préfet est attendu pour goûter aux mets de cette structure, un traiteur qui accueille des personnes en situation d’exclusion professionnelle.

Dans les cuisines, treize femmes épluchent, découpent et lancent déjà les cuissons des premiers plats. « Voilà, c’est beau ! Ça, c’est un véritable rösti », se félicite leur formateur.

70 % de retour à l’emploi

Depuis octobre, ces candidates, dont certaines sont en difficulté d’insertion professionnelle, ont été sélectionnées pour participer à un projet d’abord initié à Paris par le chef étoilé Alain Ducasse : Des étoiles et des femmes. A Montpellier, c’est la première édition de cette action, qui a fait ses preuves, avec 70 % de retour à l’emploi.

En reconversion pour la plupart, elles veulent toutes rebondir, en décrochant leur CAP cuisine, et en bénéficiant d’un stage dans un grand restaurant auprès de grands chefs et d’un soutien socioprofessionnel. « Le but, c’est bien sûr le retour à l’emploi, souligne Emmanuelle Simon, la coordinatrice du projet. Lorsque l’on reprend ses études, cela demande une énergie toute particulière… Le critère numéro 1, c’est la motivation. »

Treize femmes participent au projet Des étoiles et des femmes.
Treize femmes participent au projet Des étoiles et des femmes. - N. Bonzom / Maxele Presse

« On retourne un peu à l’école 20 ans après »

Pour Milouda, 50 ans, maman de trois enfants, ce projet lui a permis de « retrouver [son] chemin ». « Je n’arrivais pas à trouver un emploi dans la petite enfance, explique-t-elle. En cuisine, je retrouve enfin du plaisir. On retourne un peu à l’école 20 ans après… C’est dur au début, puis on prend le rythme. Et je donne l’exemple à mes enfants ! »

De son côté, Séverine, 44 ans, vivotait de missions d’auxiliaire de vie avec des chèques emploi service. « Ce job ne m’a jamais plu, mais bon, il fallait bien travailler, confie-t-elle. Là, je fais ce que j’aime depuis longtemps…. Etre en cuisine, toucher les produits. »

Nassera, 35 ans, vit au Petit-Bard avec ses cinq enfants. Quand elle n’est pas penchée sur les fourneaux du traiteur de la Table de Cana, à Près-d’Arènes, cette jeune femme officie au Pullman. « Le secrétariat, ce n’était pas fait pour moi, assure-t-elle. Je suis une femme active… Je ne me voyais pas assise sur une chaise toute ma vie. La cuisine, ça me correspond. Ça me ramène à des souvenirs familiaux. Je suis heureuse aujourd’hui. » En juin, toutes tenteront de décrocher leur diplôme, qu’elles espèrent libérateur.