VIDÉO. Le Montpelliérain Laurent Ballesta a plongé dans les eaux glaciales de l'Antarctique

AVENTURE L’expédition qu’il a menée avec Luc Jacquet et Vincent Munier fait l’objet d’un documentaire, qui sera diffusé le 28 janvier sur Arte…

Nicolas Bonzom

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Des manchots, dans les grands fonds de l'Antarctique.
Des manchots, dans les grands fonds de l'Antarctique. — Laurent Ballesta

Approcher le plus vieux poisson du monde dans les profondeurs de l’océan, au large de l’Afrique du Sud, passer la nuit au beau milieu d’une dizaine de milliers de mérous dans l’archipel des Tuamotu, en Polynésie française…

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Si les défis de Laurent Ballesta semblent plus fous les uns que les autres, celui-là l’est peut-être encore un peu plus. Le biologiste marin, qui a longtemps participé à l’émission Ushuaïa (TF1), aux côtés de Nicolas Hulot, est allé plonger là où peu ont eu le cran de s’aventurer : dans les eaux glaciales de l’Antarctique.

Laurent Ballesta a plongé dans les grands fonds de l'Antarctique.
Laurent Ballesta a plongé dans les grands fonds de l'Antarctique. - Laurent Ballesta

« Ce furent les plongées les plus engageantes de ma vie »

Cette drôle d’idée, c’est Luc Jacquet qui l’a eue. Le réalisateur souhaitait revenir sur les traces du manchot qui lui a porté bonheur, douze ans après La Marche de l’Empereur, Oscar du meilleur documentaire. Dans ses bagages, il a amené deux photographes, Vincent Munier et le Montpelliérain Laurent Ballesta. Leur objectif : approcher au plus près la faune et la flore polaire, fragilisés par le changement climatique. Une aventure à vivre dans Antarctica : Sur les traces de l’empereur, le 28 janvier (20h50) sur Arte, et dans le livre Adélie, terre et mer, publié aux éditions Paulsen.

Tandis que Vincent Munier, célèbre pour ses clichés de loups, de yaks et autres ours des neiges, sillonnait la Terre Adélie, l’Héraultais réalisait l’exploit de s’aventurer sous la glace, dans les grands fonds. « Ce furent les plongées les plus engageantes de ma vie, témoigne le naturaliste, dont la souffrance endurée à chaque descente se lit sur son visage, dans le film. Mais en même temps, j’y ai vu les plus belles lumières de ma vie. En Antarctique, si au-dessus de la glace, tout est blanc, sous l’eau, on se retrouve face à un spectacle extraordinaire. De véritables champs colorés… »

Des espèces jamais photographiées

Avec une satisfaction : celle d'avoir photographié de drôles d’espèces qui n’avaient jusqu’ici jamais été observées. « Quand tu reviens d’une plongée, tu te vantes de ramener une, voire deux espèces, qui n’ont jamais été photographiées, reprend-il. Là, c’était systématique. Les chercheurs qui nous accompagnaient n’en croyaient pas leurs yeux. Mais j’ai le sentiment d’avoir survolé mon sujet. Il y a encore tant à découvrir… »

Laurent Ballesta a croisé des espèces jusqu'ici jamais photographiées.
Laurent Ballesta a croisé des espèces jusqu'ici jamais photographiées. - Laurent Ballesta

Chacune des plongées sous la banquise était une prouesse. « Quand ils remontaient, il n’y avait heureusement aucune hypothermie. Tous étaient protégés par leurs équipements, chauffants. Cela dit, ils ont perdu du poids », souligne Emmanuel Blanche, le médecin de l’expédition. « J’en ai gardé des brûlures sur les pommettes jusqu’à la fin du tournage », sourit Laurent Ballesta, qui évoque des plongées « douloureuses ».

Le plongeon des bébés manchots

Mais la star de l’expédition, ce fut le manchot. Laurent Ballesta a pu immortaliser un moment rare : le premier plongeon des bébés manchots dans les eaux glaciales de l’Antarctique. « Les manchots sont très paisibles, et ne craignent pas la présence de l’homme, confie Jérôme Bouvier, le réalisateur du documentaire. Il y a peu d’endroits dans le monde où il est possible d’approcher d’aussi près des animaux sauvages. Ils viennent à vous… Ils sont très curieux. C’est un spectacle assez incroyable. »

Laurent Ballesta, en Antarctique.
Laurent Ballesta, en Antarctique. - Laurent Ballesta

Les aventures de Laurent Ballesta autour du monde sont loin d’être terminées. Entre mai et juillet prochains, le Montpelliérain retournera en Polynésie, en pleine période de reproduction des mérous. Cette fois-ci, il devrait s’intéresser aux requins, qui lui avaient quelque peu chatouillé la combinaison en 2014, lors de sa première expédition sur place.