Entre la SPA de Montpellier et Rémi Gaillard, c’est la guerre froide

ANIMAUX Tandis que l’association a annoncé les projets qu’elle souhaite mettre en place avec l’argent récolté en novembre, l’humoriste clame qu’il ne veut plus entendre parler d’elle…

Nicolas Bonzom

— 

Rémi Gaillard s'est enfermé pendant quatre jours dans une cage de la SPA, en novembre. Les dons ont afflué et le nombre d'adoptions s'est intensifié.
Rémi Gaillard s'est enfermé pendant quatre jours dans une cage de la SPA, en novembre. Les dons ont afflué et le nombre d'adoptions s'est intensifié. — Jérôme Diesnis / Agence Maxele Presse

Des deux côtés, on veut que la polémique cesse. Mais les relations, elles, n’ont jamais été aussi tendues entre Rémi Gaillard et la SPA de Montpellier (Hérault).

Tout avait pourtant bien commencé : en novembre, l’humoriste s’enfermait pendant quatre jours dans une cage de Villeneuve-lès-Maguelone, et parvenait à réunir plus de 200 000 euros et à faire adopter des dizaines d’animaux. Depuis, une guerre froide s’est instaurée entre l’association et son bienfaiteur, à grands coups de communiqués de presse et d’interviews. Rémi Gaillard ira même jusqu’à demander la démission du conseil d’administration… En cause : un désaccord sur les projets qui vont naître de ce pactole.

>> A lire aussi : VIDÉO. Rémi Gaillard veut avoir son mot à dire sur les dons récoltés pour la SPA de Montpellier

« Je ne peux pas rester lié à ce refuge »

Ce jeudi, la tension est montée encore d’un cran : sur Facebook, le trublion au 1,5 milliard de clics s’est fendu d’un message assez virulent. « Pour certains, la cause animale est un produit, […] la chasse férocement gardée d’un club de profiteurs ne connaissant de lois que les seules décrétées par leur conseil d’Administration […] Après enquête, je ne peux pas rester lié à ce refuge. […] Je ne regrette rien. Ni mon encagement. J’y ai cru. J’ai bien fait d’y croire. Vous étiez tous là. […] Il faut continuer à réfléchir, ne pas s’arrêter de proposer, de confronter, d’imaginer et il faut surtout agir pour devenir une référence du bien-être animal. […] Je suis motivé. »

Un message dans lequel le Montpelliérain met le doigt sur ce qu’il appelle « une mascarade » au sein de l’association, en étayant son propos avec des exemples de ce qu’il présente comme des dysfonctionnements et en diffusant un mail interne.

>> A lire aussi : SPA de Montpellier. « Rémi Gaillard a vécu la souffrance d’un chien en cage… J’espère que ça va servir »

De « grands espaces de vie pour les chiens »

Une charge violente, alors que, quelques heures plus tôt, le refuge publiait un communiqué dans lequel son conseil d’administration précise qu’il « ne souhaite en aucun cas entrer dans une polémique qui ne pourra que nuire à la protection animale ». De son côté, Vincent Cerclet, président de la structure, espère sortir au plus vite d’une « polémique stérile », expliquant à 20 Minutes qu’un audit récent sur la SPA de Montpellier a mis en évidence qu’il n’y avait aucun problème de gestion.

La structure détaille également les projets qu’elle va mettre en place avec l’argent récolté : un grand espace de détente pour les chiens, un parcours d’agility, un agrandissement de la chatterie, une amélioration de l’isolation et une mise en place du chauffage dans les cages pour améliorer les conditions de vie des animaux « à risques ». L’association fait même un pas vers Rémi Gaillard : dans le sens de sa proposition de créer de « vastes enclos », elle s’est engagée à demander à la métropole des terrains pour créer de « grands espaces de vie » pour accueillir des chiens « adaptés à la vie en groupe » : ces animaux seront « en liberté la journée » et de « retour au chaud la nuit ». En espérant que cela apaise la colère du vidéaste…

Face à la polémique qui gronde, la direction nationale de la SPA, la Société protectrice des animaux, a même tenu à se désolidariser de la tension ambiante. En fin d’année, l’association a expliqué que le refuge de Montpellier ne faisait en aucun cas partie du réseau de ses 53 refuges. Elle peut néanmoins utiliser le nom de « SPA de Montpellier » car le sigle n’a jamais été déposé, et a fini « par tomber dans le domaine public ».