Montpellier: Le musée d'art brut plonge les visiteurs dans la folie créatrice

SORTIES Fondé autour de l’atelier de l’artiste montpelliérain Fernand Michel, l’établissement regroupe quelque 2.500 œuvres, dont 800 sont exposées…

Nicolas Bonzom

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Le musée d'art brut de Montpellier dispose de quelque 2500 oeuvres, dont 800 sont exposées.
Le musée d'art brut de Montpellier dispose de quelque 2500 oeuvres, dont 800 sont exposées. — N. Bonzom / Maxele Presse

Dans le quartier des Beaux-Arts à Montpellier (Hérault), il est un lieu où il est bien difficile de retenir son enthousiasme. L’étonnant atelier-musée Fernand-Michel, véritable cabinet de curiosités, propose une immersion dans la folie créatrice de 250 figures de l’ art brut.

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Un mouvement né dans les années 1920, théorisé par le peintre Jean Dubuffet en 1945, qui regroupe les personnes exemptes de la moindre culture artistique, mais qui ont tout de même été amenées à sculpter, dessiner ou peindre… « Il s’agissait notamment de qualifier les œuvres créées par des individus internés en hôpital psychiatrique, confie Patrick Michel, le fondateur de ce musée, installé dans la rue Beau-Séjour. Ces œuvres-là venaient du cœur. Elles symbolisaient ce qu’il y avait au plus profond d’eux. »

Le musée d'art brut de Montpellier dispose de quelque 2500 oeuvres, dont 800 sont exposées.
Le musée d'art brut de Montpellier dispose de quelque 2500 oeuvres, dont 800 sont exposées. - N. Bonzom / Maxele Presse

Marginaux, prisonniers et malades psychiatriques

Au gré des quelque 800 m2 du musée, on croise les œuvres de malades psychiatriques, de marginaux, de prisonniers ou de gens que les épreuves de la vie ont abîmés. Comme Rosemarie Koczy, une Allemande qui évoque dans ses œuvres l’enfer des camps de concentration, Fleury-Joseph Crépin, un médium français qui était persuadé que ses œuvres avaient le pouvoir d’arrêter la Seconde Guerre mondiale ou Aloïse Corbet, une Suisse internée toute sa vie, qui était tombée folle amoureuse d’un empereur. Des parcours bien souvent tragiques, mais qui invitent les visiteurs à découvrir une multitude d’œuvres de toutes formes, de toutes couleurs, et à chaque fois étonnantes…

Une oeuvre du médecin Jean-Claude Andrault, disparu en 2014.
Une oeuvre du médecin Jean-Claude Andrault, disparu en 2014. - N. Bonzom / Maxele Presse

Dans l’atelier de Fernand Michel

Un musée que Patrick et Denys Michel ont eu l’idée de fonder autour de l’atelier de leur père Fernand Michel, disparu en 1999. « Il était relieur d’art, reprend Patrick Michel. Le soir, après son travail, il s’enfermait et créait des œuvres à partir de plaques de zinc. »

Antigone du Montpelliérain Fernand Michel.
Antigone du Montpelliérain Fernand Michel. - N. Bonzom / Maxele Presse

Même si le Montpelliérain a réussi à se faire un nom dans l’art brut et singulier avec ses drôles de personnages et ses couchers de soleil en ferraille, son fils a préféré voir plus grand, en élargissant le champ de son projet, en réunissant avec l’Association pour le développement de l’art brut et singulier (Adabs) une collection exceptionnelle de plus de 2.500 pièces, dont 800 sont visibles. Un travail « de fou » qui permet au musée de disposer de la plus importante collection d’art brut en France, après le LaM de Lille.

L’atelier-musée de l’art brut est ouvert du mercredi au dimanche (10 h-13 h et 14 h-18 h) au 1, rue Beau-Séjour. De 6 à 8 euros. Jusqu’en mars, le musée propose une exposition sur Yvon Taillandier.