Gard: Douze ans de prison ferme pour avoir transmis le sida à son ex-compagne

JUSTICE Absent au procès, l’homme est introuvable depuis de nombreuses années. Même son avocate n’a aucune nouvelle. Un mandat d’arrêt a été lancé à son encontre…

N.B. avec AFP

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Illustration d'un laboratoire de recherche sur le virus du sida.
Illustration d'un laboratoire de recherche sur le virus du sida. — AVENTURIER PATRICK/SIPA Ville : MONTPELLIE

Un homme, jugé en son absence par la cour d’assises du Gardpour avoir transmis le virus du sida à sa compagne, alors âgée de 16 ans, à qui il avait caché sa séropositivité, a été condamné ce jeudi à 12 ans de réclusion criminelle et un mandat d’arrêt a été délivré contre lui. Depuis 2013, Rui Filipe Da Rocha de Sousa est en effet introuvable.

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L’avocat général avait requis quinze ans de réclusion criminelle, estimant « que [c’était] la peine [qu’il méritait] au regard de la procédure, des faits qui lui sont reprochés, de son passé judiciaire et de son absence devant la cour, et surtout devant la victime ».

Elle avait 16 ans, lui 28

« Je n’avais pas les cartes en main, personne ne veut être malade volontairement, même par amour », a glissé à la barre, des larmes dans la voix, la victime de 27 ans.

Quelques mois après avoir débuté une relation avec cet homme, en 2005, alors qu’elle avait 16 ans et lui 28 ans, elle avait été alertée par le frère de ce dernier de sa séropositivité. Les analyses réalisées en mars 2006 avaient révélé sa contamination récente par le VIH, mais elle avait continué à avoir des relations sexuelles non protégées avec son compagnon jusqu’à leur séparation quand elle était enceinte de trois mois.

« A 15 ans, on rêve d’amour »

« Pour lui, c’était comme une grippe, ce n’était pas grave » grâce au traitement, a-t-elle ajouté, précisant qu’elle avait compris la gravité de la maladie avec sa grossesse. La jeune femme a décidé de déposer plainte en 2010, puis en 2012 parce qu’elle ne voulait pas « que quelqu’un d’autre vive ça ».

« A 15 ans, on rêve d’amour, on rêve de trouver l’homme idéal, elle a trouvé un véritable enfer, celui qui a en partie détruit sa vie », a regretté son avocate, Laurence Bourgeon.

« Il n’a jamais dit qu’il voulait volontairement lui inoculer le sida, l’intention morale n’y est pas », a noté Euria Thomasian, l’avocate de Rui Filipe Da Rocha de Sousa, sans nouvelles de son client. « J’aurais aimé qu’il soit là et qu’il lui demande pardon », a-t-elle ajouté, précisant que son client avait « aimé à la folie » la victime. Elle avait plaidé l’acquittement.