Béziers : La justice juge illégal le référendum de Robert Ménard sur les migrants

JUSTICE La proposition du conseil municipal a été retoquée par le tribunal administratif, ce jeudi…

Nicolas Bonzom
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Le maire de Béziers Robert Ménard veut lancer une consultation sur «l'installation de nouveaux migrants» auprès de ses administrés.
Le maire de Béziers Robert Ménard veut lancer une consultation sur «l'installation de nouveaux migrants» auprès de ses administrés. — ALAIN ROBERT/APERCU/SIPA

Affiches anti-migrants, fichage ADN des déjections canines et maintenant, référendum sur l’accueil des migrants… Avec Robert Ménard, les tribunaux administratifs ont du pain sur la planche.

Ce mardi, celui de Montpellier a décidé de suspendre la délibération du conseil municipal de Béziers. Le maire, élu avec le soutien du FN en 2014, prévoyait d’organiser le 8 janvier un référendum sur l’accueil des migrants dans la cité héraultaise.

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La préfecture, qui avait jugé illégale l’organisation d’une telle consultation, avait saisi la justice. Dans son jugement, le juge des référés estime que la question posée ne relève pas de la compétence d’une collectivité territoriale.

Il avait lui-même défendu le projet devant le tribunal

De plus, la justice « considère (…) que la question posée aux électeurs de Béziers ne précise pas les décisions qui pourraient être prises à l’issue de la consultation ». Le tribunal a donc ordonné la suspension du projet, jusqu’à ce que le tribunal statue sur le fond de l’affaire.

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Le 2 décembre dernier, Robert Ménard avait lui-même défendu son projet devant le tribunal. Aux électeurs de Béziers, il souhaitait poser la question : « Approuvez-vous l’installation de nouveaux migrants, imposée par l’Etat, sans consultation du conseil municipal ? ». Une polémique qui fait suite à l’extension de 40 places supplémentaires du centre d’accueil de réfugiés de la ville.

Dans un communiqué, la mairie s’indigne de cette décision. « Le tribunal administratif (…) affirme que la politique migratoire décidée par l’État ne concerne pas les communes.
On ne peut que regretter cette décision centralisatrice et technocratique. Aveugle, l’État reste aussi sourd aux préoccupations locales et aux contraintes auxquelles une commune est confrontée, en lui imposant des décisions dont la portée et les conséquences ont des incidences directes sur la population. »