Lunel : Le professeur collectionneur d'armes soupçonné d'avoir tué son voisin a été interné

FAITS DIVERS Interpellé lundi, l’homme, qui enseignait à Carcassonne, serait victime de « bouffées délirantes ». Son père est mort la nuit des faits, victime d’une crise cardiaque…

Nicolas Bonzom
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Lunel.
Lunel. — N. Bonzom / Maxele Presse

C’était lundi, à Lunel (Hérault) : un homme, soupçonné d’avoir tué son voisin, était interpellé, après une nuit enfermé dans sa maison. Lors de son arrestation, le corps de son père, chez lequel il vivait, a été découvert. Tandis qu’une information judiciaire devrait être ouverte dans les prochains jours, 20 Minutes répond aux questions que soulève ce dramatique fait divers.

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Qui est l’homme interpellé lundi matin à Lunel ?

Il s’agit d’un homme âgé de 50 ans, professeur de langues, qui exerçait jusqu’ici dans un lycée de Carcassonne (Aude). Mais depuis peu, il ne donnait plus cours, pour une raison inconnue. Récemment séparé de sa compagne, avec qui il a un enfant, il vivait dans la maison de son père, un homme de 93 ans, dans un lotissement pavillonnaire d’ordinaire très calme de Lunel.

Le suspect, très instable psychologiquement, possédait une collection importante d’armes à feu de la première moitié du XXe siècle, constituée de « plusieurs dizaines » de pièces, souligne le procureur de la République de Montpellier, Christophe Barret, « des armes d’épaule et de poing », dont certaines ne faisaient pas l’objet d’une déclaration.

Que s’est-il passé dans la nuit de dimanche à lundi ?

Lorsque les gendarmes sont appelés dans la soirée de dimanche dans ce lotissement de Lunel, ils découvrent qu’un corps inanimé se trouve sur la terrasse de la maison du père de ce professeur de langues, jusqu’ici inconnu des services de police. Il s’agit du cadavre d’un voisin, âgé de 66 ans, un ami de la famille, venu leur rendre visite, touché par plusieurs coups de feu. L’homme a été abattu avec un fusil de chasse.

« Voyant qu’il y a du mouvement à l’intérieur de la maison, les gendarmes tentent de prendre contact avec ses occupants, mais n’obtiennent aucune réponse », explique Christophe Barret. Toute la nuit, les négociations resteront infructueuses, et l’homme restera muet, barricadé dans sa maison. Ce n’est qu’aux alentours de 8 h, le lendemain, qu’il sortira, et se laissera interpeller par les gendarmes, « sans aucune violence ».

Quand ils entrent dans la maison, les enquêteurs découvrent un autre corps : celui du père du suspect interpellé, qui ne porte cependant aucune trace de violences. Il aurait été victime d’une crise cardiaque, le nonagénaire étant porteur d’une pathologie au cœur. « Il est vraisemblablement décédé des suites de sa pathologie, dans une situation de stress », reprend le procureur de la République.

Quelles étaient les motivations du suspect ?

Selon Christophe Barret, qui n’a pas souhaité en dire plus, les explications données par ce professeur lors de sa garde à vue sont « délirantes » et « incohérentes ». Si, au moment de son arrestation, une petite alcoolémie a été relevée chez le suspect, il ne s’agit que d’un élément secondaire : c’est du côté de son état psychiatrique que les enquêteurs se penchent pour expliquer son geste dramatique.

L’expert psychiatrique, qui l’a observé durant sa garde à vue, a décelé chez lui des « bouffées délirantes » et une profonde « dangerosité ». Un état d’irresponsabilité pénale pourrait être déclaré à son égard. Il a été admis, mardi, en soins psychiatriques. « L’état de bouffées délirantes était tel que l’on n’a pas pu aller au bout de la garde à vue, explique le procureur. Nous sommes face à un état psychiatrique extrême. »