Procès des paris dans le handball : Le jugement sera rendu le 1er février... après les championnats du monde

JUSTICE Le procès s'est terminé plus tôt que prévu, ce mardi, après sept jours d'audience...

Nicolas Bonzom

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Nikola Karabatic et sa compagne, à leur arrivée, ce lundi.
Nikola Karabatic et sa compagne, à leur arrivée, ce lundi. — N. Bonzom / Maxele Presse

Après sept jours d’audience, la Cour d’appel de Montpellier (Hérault) a mis son jugement en délibéré dans le cadre de l’affaire des paris présumés suspects dans le handball. Les 16 prévenus seront fixés sur leurs sorts le 1er février prochain.

Une date qui n’est pas anodine : ce sera au lendemain des championnats du monde de handball, qui se déroulent du 11 au 29 janvier, notamment à Montpellier.

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« Atteindre la montagne Karabatic »

Seize prévenus, dont les frères Luka et Nikola Karabatic et leurs compagnes Jennifer Priez et Géraldine Pillet sont accusés d’être impliqués dans des paris passés à hauteur de plus de 100.000 euros sur le résultat à la mi-temps d’un match disputé et perdu le 12 mai 2012 par Montpellier face au club de Cesson.

On a voulu « atteindre la montagne [Nikola] Karabatic » afin « d’assurer la couverture médiatique » de l’affaire des paris du handball, a notamment dénoncé mardi l’avocat de la star française, Me Philippe Nemausat. Mais « ça ne marche toujours pas » en appel, a-t-il estimé lors de sa plaidoirie.

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« On a piétiné la présomption d’innocence »

Selon lui, tout a été fait pour « retirer » le champion de « son piédestal », en visant notamment l’ex-procureur de la République de Montpellier, Brice Robin, accusé d’avoir « piétiné la présomption d’innocence et le secret de l’instruction ».

Pour prendre sa décision, la justice va devoir se poser deux questions : les prévenus se sont-ils entendus au préalable pour parier sur une défaite à la mi-temps de la rencontre contre Cesson en 2012 ?, et surtout certains ont-ils délibérément levé le pied pour laisser filer ce match ? Si sur la première question, le doute plane, tant les coïncidences sont nombreuses, sur le trucage de la rencontre, les preuves sont bien plus minces... Malgré les anomalies, relevées par les deux experts qui ont analysé le match. 

Me Jean-Marc Darrigade, autre avocat des frères Karabatic, a fustigé les « réajustements » et le « repli » de l’accusation : « du match truqué, on s’en fout complètement » en appel, « alors que c’est la seule question », a estimé l’avocat. « Les manœuvres frauduleuses reprochées ne peuvent pas constituer le délit d’escroquerie au sens pénal », a noté Me Gilles Gauer, comme la majorité des avocats de la défense.

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Des peines requises plus lourdes qu’en 2015

L’avocat général avait requis lundi 40.000 euros d’amende contre les frères Karabatic, des peines plus lourdes que celles infligées en première instance à Nikola (10.000 euros d’amende) et Luka Karabatic (15.000 euros), absents à l’audience. La même peine a été requise à l’encontre des deux hommes considérés comme les pivots de l’affaire, le buraliste Nicolas Gillet et le joueur slovène Mladen Bojinovic.

Pour le reste, des amendes allant de 10.000 euros avec sursis à 20.000 euros ont été requises pour les 12 autres prévenus, dont les compagnes des frères Karabatic. En première instance, ils avaient été condamnés à 1.500 à 30.000 euros d’amende.