VIDEO. Procès des paris: Nikola Karabatic tente de démontrer pourquoi le match n'est pas truqué

JUSTICE « 20 Minutes » revient sur les temps forts de la cinquième journée du procès, marqué notamment par les auditions de Luka et Nikola Karabatic…

Nicolas Bonzom
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Nikola Karabatic, suivi par la compagne de son frère Luka, Jennifer Priez, ce jeudi.
Nikola Karabatic, suivi par la compagne de son frère Luka, Jennifer Priez, ce jeudi. — N. Bonzom / Maxele Presse

C’était une journée clé ce jeudi, à la Cour d’appel de Montpellier (Hérault). Au cinquième jour du procès des paris présumés suspects dans le handball, la justice a interrogé les frères Karabatic, dont les discours n’ont pas changé depuis 2015.

Luka a parié, et il a fait parier sa compagne Jennifer Priez mais Nikola, lui, n’était pas au courant de ces paris, même ceux engagés par Géraldine Pillet, avec qui il partage sa vie. 20 Minutes revient sur les temps forts de la cinquième journée.

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« J’étais très énervé ». Nikola Karabatic n’était « pas au courant » : depuis le début de l’affaire des paris suspects, l’ensemble des prévenus confirment que la star du handball français ne savait rien de ce qu’il se tramait ce fameux 12 mai à 10 h. Et quand il a appris que sa copine avait parié, il était « très énervé ».

Nikola Karabatic et sa compagne, à leur arrivée, ce lundi.
Nikola Karabatic et sa compagne, à leur arrivée, ce lundi. - N. Bonzom / Maxele Presse

« Je suis contre le fait que l’on puisse parier sur mon sport. On a eu une explication », souligne le joueur. Et lorsque Géraldine Pillet va miser alors qu’il l’attend dans sa voiture, il ne s’est pas rendu compte qu’elle allait dans un bureau de tabac. Quant à l’application de paris retrouvée sur son téléphone, c’est bien elle qui l’a téléchargée, a confirmé le joueur : « Elle utilise le mien souvent. Cela arrive dans tous les couples. »

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Pour Nikola Karabatic, les Montpelliérains n’étaient pas les favoris. Les prévenus ont parié sur une défaite à la mi-temps du MAHB. Et c’est bien ce qu’il s’est passé, le 12 mai 2012 sur le parquet rennais : Cesson menait à la pause.

Rien de très étonnant pour Nikola Karabatic, qui a essayé de démontrer à la Cour, ses notes à la main, pourquoi son équipe n’était pas dans son meilleur jour : « Avec tous ces joueurs blessés, tous ces jeunes joueurs qui se trouvent à des postes importants, moins motivés car Montpellier a déjà décroché le titre, qui ont peur de se blesser… Non, Montpellier n’est pas favori », souligne le handballeur, blessé ce soir-là.

Autre détail : la salle dans laquelle se joue le match étant « une salle de spectacle », derrière les cages du MAHB, le filet censé retenir le ballon était beaucoup plus éloigné que du côté de Cesson. Le temps qu’il soit de retour sur le parquet, impossible de jouer vite. Si l’équipe n’était pas au top, ce n’est donc pas parce que ce match était truqué, mais parce que les conditions n’étaient pas réunies, a assuré la défense.

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Les experts relèvent des anomalies. Difficile de prouver que le MAHB a levé le pied ce soir-là face à Cesson, pour s’assurer que leurs adversaires mènent à la mi-temps. Il n’y a pas d’éléments concrets qui permettraient de démontrer un quelconque trucage.

Les experts qui ont analysé le match, interrogés jeudi, ont cependant relevé qu’à plusieurs reprises, « Montpellier n’y est pas » : « Le déroulement de la rencontre est compatible avec le fait que Montpellier ne veut pas passer devant ». « Le MAHB n’a pas mis dans ce match les ingrédients habituels de ses victoires, expliquent les experts dans leur rapport. Notre intime conviction est qu’une telle convergence d’indicateurs anormaux est trop curieuse pour être innocente et conjoncturelle. »

Les interrogations des deux experts portent notamment sur le nombre élevé des pertes de balles et la faiblesse des contre-attaques du MAHB. « Il y a un ensemble d’indicateurs qui nous semblent curieux », ont-ils expliqué devant la Cour, jeudi.