Montpellier : Non, ce n’est pas un kiosque à journaux, mais une cabine pour les sans-abris

SOLIDARITE Le projet, aux allures de kiosque à journaux, est lancé par deux entrepreneurs montpelliérains…

Nicolas Bonzom

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Le projet Cocoon a l'allure d'un kiosque.
Le projet Cocoon a l'allure d'un kiosque. — Cocoon

Derrière ses allures de kiosque à journaux, Cocoon cache un étonnant projet solidaire. Inventée par deux entrepreneurs montpelliérains, Jérôme Boudet et Alain Paugam, cette drôle de cabine abrite en réalité un petit bungalow capable d’accueillir de façon provisoire durant plusieurs jours, plusieurs semaines, voire quelques mois, une personne en détresse sociale, qui s’est retrouvée à la rue.

Une unité d’environ 3 m sur 2,40 m qui dispose d’un lit, d’une table, de rangements, d’un point d’eau et de toilettes sèches. « Le projet s’adresse aux sans-abri qui viennent tout juste de se retrouver à la rue, par un drame de la vie, et qui n’ont pas forcément accès aux foyers », précise Jérôme Boudet.

L'intérieur du Cocoon.
L'intérieur du Cocoon. - Cocoon.

Une demi-place de parking

Chauffé, climatisé, insonorisé, et même doté d’un système anti-sismique, Cocoon permet aux sans-abri d’avoir un chez-soi sécurisé et individuel où ils peuvent dormir, laisser leurs affaires. « Pour beaucoup d’entre eux, ce sera la première fois, depuis longtemps, qu’ils se retrouvent seuls », reprend Alain Paugam.

Actuellement testé à Baillargues, près de Montpellier, le petit appartement occupe une surface au sol équivalente à une demi-place de parking et aucun permis de construire n’est nécessaire pour les communes qui souhaiteraient tenter la démarche. Un tel abri coûte entre 20.000 et 30.000 euros pour sa conception, puis 1.000 à 2.000 euros par an pour l’entretien.

Bientôt à Paris ? A Montpellier ?

Les sans-abri sélectionnés pour y reprendre pied seront suivis par une dizaine de bénévoles, dont des étudiants, qui effectueront des tâches « complémentaires à celles des travailleurs sociaux », note le duo, qui a créé Cosh France, une entreprise sociale et solidaire.

Les inventeurs de Cocoon espèrent notamment convaincre la mairie de Paris de tester le dispositif : les entrepreneurs ont contribué en octobre à la victoire du projet « d’abris pour les sans-abri » sur les 3.158 dossiers initialement proposés au budget participatif de la ville. Ils espèrent aussi que la mairie de Montpellier s’y intéressera de près.