Gare «fantôme» de la Mogère: Le maire de Montpellier Philippe Saurel dénonce des «gesticulations politiques»

TRANSPORTS Le maire et président de la métropole ne s’était pas encore exprimé, suite au retrait du financement de la région, le 26 octobre...

Nicolas Bonzom

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La gare de la Mogère.
La gare de la Mogère. — N. Bonzom / Maxele Presse

Après l’annonce de la suspension de son financement par la région, la future gare TGV de la Mogère, à Montpellier (Hérault) avait fait les gros titres des journaux, fin octobre.

Quelques heures plus tôt, SNCF Réseau, maître d’œuvre de ce projet décrié, en cours de construction près d’Odysseum, à Montpellier, reconnaissait lors d’une réunion, le 26 octobre, que seuls quatre trains de voyageurs passeraient par là, lors de son inauguration, au printemps 2018 : un Ouigo aller-retour vers Marne-la-Vallée, un Perpignan-Paris, et un Paris-Montpellier. Seule solution pour augmenter sa fréquentation : que la gare de Manduel sorte de terre. Et là encore, ça n’est pas gagné.

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« De la gesticulation politique »

De quoi être « la risée de l’Europe », dénonçaient alors les opposants au projet, qualifié de « gare fantôme ». Un seul des financeurs de ce projet à 142 millions d’euros ne s’était pas encore exprimé : Philippe Saurel (divers gauche), maire et président de la métropole de Montpellier. C’est désormais chose faite.

Dans un entretien accordé ce mercredi à l’AFP, l’élu dénonce « de la gesticulation politique ». « On se demande s’ils ont lu les contrats », dans lesquels « rien n’oblige la SNCF et l’État à mettre des trains sur les voies ! », souligne-t-il. Dans un document de 2012 (qui n’est pas le contrat), rendu public par EELV lundi, RFF annonçait pourtant 11 trains allers-retours lors de la mise en service de l’infrastructure.

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Philippe Saurel demande d’accélérer les travaux de Manduel

« La seule date qui figure dans le contrat, c’est la deadline de 2020, pour construire la gare de Nîmes-Manduel, c’est tout. » Philippe Saurel, qui soutient le projet de deuxième gare à Montpellier, a précisé qu’il avait téléphoné au Premier ministre, Manuel Valls, et lui avait adressé un courrier demandant « d’accélérer les travaux de la gare de Manduel », pour ne pas « avoir construit une gare qui ne sert à rien à Montpellier ».

Une position « qui n’est pas raisonnable », selon Christian Dupraz (EELV), conseiller régional délégué aux états généraux du rail, et chef de file des opposants au projet depuis de longs mois.

Un « gaspillage d’argent public »

« Philippe Saurel peut faire de grands moulinets avec les bras, le Premier ministre ne pourra pas mettre de trains, souligne l’élu. Les contrats disent noir sur blanc que l’on construit des gares pour faire passer des trains. Philippe Saurel gaspille l’argent des Montpelliérains. C’est irresponsable. C’est un gaspillage d’argent public monumental. »

Une polémique qui se poursuit, alors que les travaux continuent à la Mogère, et que le quartier immobilier d’affaires qui doit l’entourer est lancé dans les couloirs de la métropole.