Montpellier: On était à la Social Cup, la coupe de France de l'entrepreneuriat étudiant

INITIATIVES Le dispositif apporte un coup de pouce à des jeunes qui ont des projets, et pas forcément les moyens de les réaliser…

Nicolas Bonzom

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La Social Cup, à Montpellier.
La Social Cup, à Montpellier. — N. Bonzom / Maxele Presse

« Il vous reste 2 minutes ! » Sur les tables de ce bar de Montpellier, s’entassent des post-it, des feuilles de papier crayonnées et autres mugs de café froid. Voilà quatre heures qu’une cinquantaine d’étudiants planchent sur des projets qu’ils espèrent assez forts pour séduire le jury de la Social Cup, la coupe de France de l’entrepreneuriat social étudiant. Dans 2 min, chacune des 13 équipes devra présenter son projet devant ses concurrents. Un court pitch qui devra être clair et surtout, donner envie.

Ce concours national, organisé depuis trois ans par l’association Make Sense, la plate-forme de crowdfunding KisskissBankbank et la Banque postale, propose de donner un coup de pouce à des jeunes qui ont une idée innovante pour répondre à des enjeux liés à l’environnement, à l’emploi, au vieillissement, ou encore à l’éducation, mais qui n’ont pas forcément les fonds nécessaires pour la mettre en œuvre.

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Coachés par des mentors

Un dispositif qui a notamment permis à Axelle Nick, une jeune entrepreneuse, de lancer son activité de récupération de vêtements, pour leur donner une seconde vie. Lauréat de la Social Cup en 2014,Axelle & Cie bat aujourd’hui son plein à Saint-Julien-en-Quint (Drôme). A décrocher, des enveloppes de 500 à 3.000 euros pour les vainqueurs des phases de poule, les demi-finalistes, le finaliste et le lauréat, et une année d’incubation au Sense Cube, un accélérateur parisien de start-ups à visée sociale.

La Social Cup, à Montpellier.
La Social Cup, à Montpellier. - N. Bonzom / Maxele Presse

Pour les 13 équipes qui ont participé aux travaux, samedi, à Montpellier, c’était donc « une chance inouïe » d’amorcer sa petite entreprise. « Certains arrivent avec des projets précis, bien avancés, d’autres viennent dans l’optique de donner un coup de main, note Anne-Cécile, l’une des animatrices des séances de travail. Tous passent par plusieurs étapes, un état des lieux de la problématique, pour savoir ce qui a déjà été fait, un brainstorming, et une création précise du concept, coachés par des mentors. »

Une barre hyper-protéinée aux termites, une plate-forme de services…

Les deux minutes sont écoulées, et l’heure des pitchs est arrivée. Au micro, se succèdent d’étonnants projets, comme une plate-forme d’échanges de services entre personnes âgées et étudiants via une application ou la création de barres hyperprotéinées à base de termites pour lutter contre la malnutrition en Afrique. On lève le doigt, on donne son avis, des conseils, ses craintes, on partage son expérience.

La Social Cup, à Montpellier.
La Social Cup, à Montpellier. - N. Bonzom / Maxele Presse

« L’interaction avec d’autres personnes, qui ne connaissaient pas le projet auparavant, permet d’avoir une vision extérieure. Et surtout, ça permet de s’entraîner à expliquer de façon claire notre projet, c’est toujours bon, pour préparer le jour où l’on se retrouvera face à de potentiels partenaires », confie Amaru, qui s’est lancé avec André, Thibault et Sébastien dans le développement d’un centre éco-responsable en Bolivie, la Encantada.

« Je veux des projets qui fassent du bien au monde »

« Ce dispositif permet de rencontrer des gens, d’écouter leurs conseils, et de donner de la visibilité à notre projet. Cela crée une certaine effervescence », note David, qui a un projet de ferme urbaine, Urban Farm, à Montpellier, avec Yohan, Alexandre et Paige. « Je ne veux pas que l’on continue à créer des entreprises sans but social, sans humain, je veux des projets qui fassent du bien au monde », reprend cette dernière.

« On est nombreux, dans notre génération, à penser que les entreprises ne doivent pas être là uniquement pour faire de l’argent, mais également pour apporter des solutions concrètes aux enjeux de notre société », explique Benoît, qui est venu apporter son œil de professionnel des insectes comestibles dans le projet de gâteaux à base de termites.

Candidatez jusqu’en décembre

Pas de panique : si vous n’avez pas participé aux sélections régionales à Montpellier samedi, il est encore possible d’envoyer un dossier de candidature. Rendez-vous sur www.lasocialcup.com, et votre projet sera peut-être sélectionné localement par un jury, pour participer à la finale en janvier.

Sinon, d’autres sélections sont prévues le 15 novembre à Clermont-Ferrand, le 19 novembre à Lyon, le 26 novembre à Marseille, Paris, Rennes et Toulouse et le 3 décembre à Strasbourg, Rouen, Lille et Nantes. A la clé peut-être, votre rêve d’entrepreneur.