Montpellier: La gestion du stationnement payant confiée à une entreprise privée

SOCIETE Anticipant une nouvelle législation au 1er janvier 2018, la municipalité a validé le principe de confier le stationnement à un délégataire de service public. Les amendes vont pleuvoir…

Jerome Diesnis

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Une voiture en stationnement verbalisée à Montpellier.
Une voiture en stationnement verbalisée à Montpellier. — Nicolas Bonzom / Agence Maxele Presse

Au 1er janvier 2018, les 13.000 places de stationnement ne seront plus gérées par les agents municipaux, mais par des salariés d’une société privée. En votant la privatisation de la verbalisation du stationnement, via une délégation de service public (DSP), la majorité divers gauche de Montpellier a fait un choix similaire à celui que s’apprête à faire Paris. Les explications de Marie-Hélène Santarelli, déléguée à la sécurité.

Pourquoi une délégation de service public ? « D’après les études réalisées depuis un an, un investissement de cinq millions d’euros sera nécessaire pour remplacer les 755 horodateurs. Aujourd’hui, le recouvrement n’est que de 30 % et la gestion du stationnement coûte plus cher qu’elle ne rapporte ».

Les tarifs fixés par la ville. Tarifs et zonages seront fixés par la Ville et non pas par le délégataire. Aujourd’hui l’Etat fixe le prix du PV simple à 17 euros. « Le choix de la DSP a été fait justement pour ne pas augmenter les tarifs. »

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Les amendes vont pleuvoir. Comme pour les contrôleurs du tramway, le recours à une société privée entraînera une hausse considérable du nombre de PV, puisque c’est sur leur volume que se paiera le délégataire. « Il n’y a rien de choquant. Se garer gratuitement sur des emplacements payants doit être sanctionné. » Déjà, avec l’évolution des effectifs de police municipale et la mise en place de la verbalisation électronique, le nombre de PV a explosé de 39 % cette année.

Une gestion plus spécifique. Le remplacement des horodateurs devrait entraîner une gestion plus intelligente du stationnement, « comme des tarifs adaptés aux personnes sur leur lieu de travail, des demi-heures gratuites devant les commerces là où la rotation doit être importante ou le renfort du paiement à distance lors du dépassement de temps de stationnement. ».

De nouvelles zones payantes. « La ville a changé, de nouvelles zones deviendront payantes pour éviter les véhicules ventouses. Mais nous ne ferons pas n’importe quoi », promet Marie-Hélène Santarelli.

Que vont devenir les agents aujourd’hui affectés à la verbalisation ? Les 38 agents de surveillance la voie publique se verront proposer d’intégrer les effectifs du délégataire, tout en conservant leur statut de fonctionnaires municipaux. Les autres seront affectées à d’autres tâches, comme la gestion des incivilités, ou la collecte des déchets abandonnés. « Ils verbaliseront toujours le stationnement gênant et continueront à assister la police municipale dans la gestion des grands événements culturels et sportifs. »