Béziers: Deux associations demandent à la justice le retrait des affiches anti-migrants

JUSTICE Le tribunal administratif de Montpellier a examiné ce vendredi matin le référé déposé par deux associations qui jugent xénophobes la campagne anti-migrants du maire...

J.R. avec AFP

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Les fameuses affiches anti-migrants dans les rues de Béziers, le mercredi 12 octobre.
Les fameuses affiches anti-migrants dans les rues de Béziers, le mercredi 12 octobre. — Franck LODI/SIPA

La polémique autour des affiches anti-migrants placardées dans la ville de Béziers est désormais entre les mains de la justice.

Ce vendredi matin, le tribunal administratif de Montpellier examinait le référé-liberté de deux associations qui demandent le retrait immédiat de ces publications. Le jugement sera rendu le 24 octobre.

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Affiches retirées dans la nuit de jeudi à vendredi

Les associations Cultures Solidaires et Esprit Libre considèrent que ces affiches municipales sur lesquelles figure une Marianne bâillonnée et l’inscription « Migrants, sujet interdit ? Référendum ! », sont de la « propagande et une campagne xénophobe » de la municipalité gérée par Robert Ménard, élu maire en 2014 avec le soutien du FN.

Les affiches, appelant à un référendum local sur l’accueil des migrants, ont été retirées dans la nuit de jeudi à vendredi. Elles avaient remplacé un premier affichage municipal sur lequel apparaissaient des migrants agglutinés devant la cathédrale Saint-Nazaire avec les mentions : « Ça y est ils arrivent… Les migrants dans notre centre-ville. L’État nous les impose ». La délégation interministérielle à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme a saisi le parquet de Béziers qui a ouvert une enquête sur cette première campagne d’affichage.

Les associations pointent le clivage de la population

« On veut vraiment créer un clivage au sein de la population et cela est contraire à l’ordre public », a défendu Marie-Sygne Leca, l’avocate des deux associations, en référence aux troubles survenus lors du conseil municipal du 18 octobre. Robert Ménard a fait voter lors de ce conseil municipal l’organisation d’un référendum sur l’agrandissement du centre d’accueil de demandeurs d’asile de la ville. Dans un climat tendu, des opposants à ce référendum avaient été expulsés de l’hôtel de ville. La préfecture de l’Hérault devrait saisir prochainement le tribunal administratif en référé-suspension sur cette délibération de la ville de Béziers.

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« On vous plaide des affabulations… Béziers n’est pas à feu et à sang », a quant à elle plaidé l’avocate de la ville, Raphaëlle Hiault-Spitzer, qui a réclamé un non lieu. Pour le conseil de la mairie, le tribunal administratif doit se déclarer incompétent dans ce dossier car ces affiches municipales relevent de la loi sur la presse et donc du tribunal de grande instance.