Hérault: Un petit village refuse l’arrivée de 87 migrants

SOCIETE La commune de Saint-Bauzille-le-Putois est prête à accueillir des migrants, mais pas en nombre aussi important, explique le maire, qui dénonce le dictat de la préfecture…

Jerome Diesnis

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Illustration de migrants près des camions qui rejoignent l'Angleterre, à Calais.
Illustration de migrants près des camions qui rejoignent l'Angleterre, à Calais. — S. Alcalay / SIPA

Le village de Saint-Bauzille-de-Putois, dans l’Hérault, doit accueillir 87 migrants issus de la jungle de Calais au cours du mois de novembre. Depuis qu’il a reçuun coup de fil de la sous-préfète de Lodève, mercredi soir, pour le prévenir de cette arrivée prochaine, le maire de cette commune de 1.861 habitants, située à une trentaine de kilomètres de Montpellier, ne décolère pas. « Nous sommes outrés d’apprendre cette information sans aucune consultation préalable », évoque le maire Michel Issert (LR).

Le maire a demandé au préfet de revoir sa copie. « Nous sommes une terre d’accueil et nous acceptons de discuter avec les services préfectoraux sous réserve que le préfet ne nous impose pas un dictat, reprend l’édile. 87 migrants, c’est exorbitant pour une commune comme la nôtre ».

207 migrants attendus dans l’Hérault

Dans le courrier qu’il lui a depuis fait parvenir, le préfet explique que les migrants seront tous de jeunes hommes célibataires, qui ont fui la Syrie, l’Irak, l’Afghanistan, l’Erythrée et le Soudan. Une boîte aux lettres « qui n’est ni une consultation, ni un référendum », précise l’élu, a été ouverte pour permettre aux habitants de s’exprimer.

Au total, ce sont 207 migrants qui devraient être accueillis dans le département de l’Hérault, les autres l’étant à Montpellier et Béziers. A Saint-Bauzille-de-Putois, c’est le site stations Cévennes (mieux connu sous son ancien nom de Centre de pleine nature des Lutins Cévenols) qui accueillera des migrants en attente d’orientation. « Une prospection est réalisée régulièrement par tous les acteurs mobilisés afin d’identifier les sites les plus adaptés à la création de Centres d’accueil et d’orientation », évoque dans un communiqué le Groupe SOS, en charge de trouver des structures d’accueil et d’encadrer les clandestins.