Béziers: Après sa campagne d’affichage, Robert Ménard veut lancer une consultation sur les migrants

POLEMIQUE Le maire souhaite demander à ses administrés s’ils approuvent « l’installation de nouveaux migrants ». Un dispositif qui pourrait s’avérer illégal…

Nicolas Bonzom

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Le maire de Béziers Robert Ménard veut lancer une consultation sur «l'installation de nouveaux migrants» auprès de ses administrés. (Archives)
Le maire de Béziers Robert Ménard veut lancer une consultation sur «l'installation de nouveaux migrants» auprès de ses administrés. (Archives) — ALAIN ROBERT/APERCU/SIPA

Après la campagne municipale d’affichage anti-migrants mise en place dans les rues de Béziers (Hérault) mardi, Robert Ménard a annoncé qu’il souhaitait organiser sur ce thème une « consultation populaire ». Son organisation sera soumise par le maire, élu en 2014 avec le soutien du FN, au conseil municipal du 18 octobre.

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Selon Midi Libre, la question sera la suivante : « Approuvez-vous l’installation de nouveaux migrants, imposée par l’État, sans consultation du conseil municipal ? ».

« Le maire n’est pas d’accord »

« Le but de la municipalité avec cette consultation et les affiches, explique la mairie au quotidien régional, est de dire la vérité aux Biterrois, c’est-à-dire que l’État a décidé d’imposer, sans daigner consulter le conseil municipal et le maire, l’installation de nouveaux migrants dans le centre-ville de Béziers. Le maire n’est pas d’accord avec cette manière de fonctionner et il souhaite poser la question aux Biterrois. »

Une consultation qui pourrait être attaquée en justice, car elle ne peut relever que des compétences municipales. Or, l’ouverture d’un centre d’accueil de demandeurs d’asile (ou son extension, comme c’est le cas à Béziers), relève de l’Etat. Le 30 septembre, le tribunal administratif de Grenoble avaitannulé l’organisation d’une telle consultation, prévue dans la commune d’Allex (Drôme).

Dans un communiqué, SOS Racisme demande au préfet de l’Hérault, « d’enjoindre le maire d’extrême droite de Béziers de ne pas soumettre cette délibération au conseil municipal. Et, au cas où le maire passerait outre, d’indiquer dès aujourd’hui et très clairement qu’une telle délibération serait déférée devant le tribunal administratif afin qu’elle soit cassée. »