Montpellier: Vivement critiquée depuis six ans, l’usine Amétyst amorce sa modernisation

DECHETS Le délégataire Suez a investi 10 millions d’euros sur l’infrastructure de valorisation des déchets, qui a connu des débuts difficiles…

Nicolas Bonzom

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L'usine Amétyst, à Montpellier.
L'usine Amétyst, à Montpellier. — N. Bonzom / Maxele Presse

Depuis son ouverture en juillet 2008, la vie d’Amétyst est loin d’avoir été un long fleuve tranquille… L’usine de méthanisation de la métropole de Montpellier, souhaitée par Georges Frêche, a été l’objet depuis six ans de vives critiques.

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En septembre 2011, un rapport de la Cour des comptes pointait du doigt de nombreux « dysfonctionnements », de très importantes nuisances olfactives et un « pullulement de mouches » autour de cette infrastructure de valorisation des déchets, ainsi que des objectifs très loin d’être atteints. Un an auparavant, un violent incendie frappait l’usine…

« On en a bavé, mais on y est arrivé »

En inaugurant « Amétyst II » mardi matin, la métropole de Montpellier et son délégataire de service Suez ont tenté de prouver que tout cela n’était plus qu’un vilain cauchemar.

« La page est tournée », assure Philippe Saurel (divers gauche), maire et président de la métropole. « Désormais, c’est un outil qui fonctionne (…) Certes, on en a bavé, mais on y est arrivé », reprend Cyril Meunier (divers gauche), l’élu en charge de la valorisation des déchets.

Un nouveau compost

Un investissement de Suez de 10 millions d’euros a été nécessaire pour (enfin) pouvoir envisager un avenir plus serein à Amétyst, qui valorise aujourd’hui 51 % des déchets du territoire en nouvelles ressources. Avec le contenu de la poubelle grise, l’usine fabrique de l’énergie thermique, qui permet notamment aux habitants du quartier des Grisettes de se chauffer, de l’énergie électrique (22 Gwh/an), et du compost.

Et c’est là la principale nouveauté chez Amétyst : l’usine est désormais capable de fabriquer un nouveau compost, qui permet « d’être valorisé en agriculture », note Philippe Maillard, directeur général du recyclage et de la valorisation de Suez, et d’une qualité « très largement supérieure » aux normes. Avec, en 2017, la volonté d’en produire 33.000 tonnes par an grâce à la technologie de l’ultra criblage Rhewum.

Le nouveau compost fabriqué par l'usine Amétyst à Montpellier.
Le nouveau compost fabriqué par l'usine Amétyst à Montpellier. - N. Bonzom / Maxele Presse

Booster la valorisation des biodéchets

Mais un autre défi de taille attend Amétyst : la transformation des biodéchets, le maillon (très) faible du circuit dans la métropole. Un peu plus de 1.500 tonnes arrivent à l’usine aujourd’hui, alors qu’elle pourrait en traiter « beaucoup plus », confie Philippe Saurel.

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Et pour cela, la métropole entend booster ses performances (et celles des citoyens) en termes de tri sélectif. Avec, également, une extension du centre Demeter, totalement saturé, qui devrait porter la capacité de tri de 22.000 à 35.000 tonnes par an. Son ouverture est prévue à la fin 2019.