Montpellier: C'est quoi ce label I-Site que cherche à décrocher le monde universitaire?

RECHERCHE Après trois échecs à l’Idex, l’université de Montpellier et ses 19 partenaires ont changé leur fusil d’épaule, pour tenter de remporter des dotations de l’Etat…

Nicolas Bonzom

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Une chercheuse regarde dans un microscope (Illustration).
Une chercheuse regarde dans un microscope (Illustration). — Guy Bell/REX/REX/SIPA

Voilà cinq ans que le milieu universitaire montpelliérain court après lelabel Idex. Depuis avril 2011, les dossiers portés par la communauté scientifique pour remporter cet appel à projets ont été retoqués à trois reprises. Trop flous, trop complexes. La dernière fois, c’est l’absence de clarté sur la gouvernance qui a poussé le jury à priver Montpellier du Graal.

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Mais l’université de Montpellier, fusion des facultés de droit et de sciences, et ses 19 partenaires (écoles et laboratoires) ne baissent pas les bras. Un nouveau projet baptisé « Montpellier University of Excellence » (Muse) sera déposé fin novembre. Cette fois-ci, l’équipe concourt au label I-Site. 20 Minutes vous explique tout, histoire d’y voir plus clair.

C’est quoi I-Site ? En postulant au label Idex, les communautés peuvent choisir de cocher la case « Idex » ou « I-Site ». L’université a cette fois-ci choisi de changer son fusil d’épaule, sur les recommandations du jury, en privilégiant le label I-Site. Et ce n’est pas le niveau « en dessous », comme le prétendaient certains élus il y a quelques mois.

« Idex et I-Site, c’est le même concours, souligne François Pierrot, coordinateur du projet. Concrètement, il y a deux options, mais on concourt pour la même chose, c’est-à-dire obtenir une grosse dotation de l’État, de l’ordre de 700 à 800 millions d’euros, destinée à soutenir le secteur de la recherche et des universités. » Le label I-Site n’a qu’une seule différence avec l’Idex : tandis que l’Idex reste très général, l’I-Site est axé sur des thématiques particulières.

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L’équipe de Montpellier a-t-elle appris de ses échecs ? Oui, assure François Pierrot, qui pilote les dossiers depuis 2014. « D’abord, nous avons fait de grosses modifications, au niveau de la gouvernance, en mettant en place un système de pilotage beaucoup plus simple qu’avant, confie-t-il. C’est ce que le jury précédent nous avait demandé. »

Ensuite, l’équipe montpelliéraine a « thématisé ». Plutôt que de partir tous azimuts, Montpellier a choisi de mettre en avant ses performances en matière d’agriculture, d’environnement et de santé. D’où le choix de l’I-Site, plutôt que l’Idex, sur lequel l’université s’est cassé les dents depuis cinq ans.

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Quelles sont les chances de Montpellier ? Difficile de s’avancer, mais ce qui est certain, c’est que l’université et ses partenaires ont mis toutes leurs chances de leur côté, en privilégiant des thèmes dans lesquels Montpellier dispose de nombreux atouts.

Sur les 6.000 chercheurs que représentent l’université et ses 19 établissements partenaires, 70 % œuvrent sur des projets autour de l’agriculture, de l’environnement et de la santé. Parmi les projets remarquables qui attireront certainement l’attention du jury, les recherches menées à Montpellier autour du cancer, ou du Sida.

« On a choisi de capitaliser sur nos forces, reprend François Pierrot. Nous sommes une référence nationale dans ces secteurs… Notre ambition est de devenir une référence internationale. » La réponse devrait tomber entre le 20 et le 24 février.

Le projet sera présenté mercredi à 18 h à la maison des étudiants, espace Richter.