Montpellier: Le local parlementaire d’une députée socialiste incendié

FAITS DIVERS Lors d’une manifestation d’extrême gauche, un groupuscule anarchiste aurait mis le feu au local de la députée de la deuxième circonscription de l’Hérault, Anne-Yvonne Le Dain…

Jerome Diesnis

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La permanence d'Anne-Yvonne Le Dain a été victime d'une tentative d'incendie samedi 8 octobre en fin de soirée.
La permanence d'Anne-Yvonne Le Dain a été victime d'une tentative d'incendie samedi 8 octobre en fin de soirée. — Anne-Yvonne Le Dain

La permanence de la députée socialiste de la deuxième circonscription de l’Hérault, a été l’objet d’une tentative d’incendie samedi vers 23 h. « Je ne sais pas si c’est moi spécialement qui était visée, je ne pense pas », explique l’élue à 20 Minutes. « Je pense que c’est plus la parlementaire qui était visée. Je suis une sociale-démocrate assumée qui apporte son soutien politique clair aux textes présentés par le gouvernement, même si j’y apporte régulièrement des amendements », explique-t-elle.

Son local, situé sur une artère fréquentée de la ville, avait déjà été tagué et les vitres brisées à trois reprises ces quatre dernières années. Mais jamais les actes n’avaient été si violents. « Plusieurs personnes ont incendié un container à poubelles, et l’ont projeté contre la vitre de la permanence, ce qui a eu pour effet de briser la vitre, explique le procureur de la République de Montpellier Christophe Barret. « Les auteurs ont agi à dessein. »

Sur les murs brûlés, des graffitis de graphie et couleur identique partout en ville

Pour la députée, ces actes sont signés. « Je vais attendre les résultats de l’enquête, mais leur identité ne fait guère de doute. La couleur et l’écriture des tags sont les mêmes que ceux des zadistes dans les rues adjacentes. » En réponse à une manifestation de la droite identitaire contre l’accueil des migrants, l’extrême gauche avait appelé à la mobilisation. Le centre-ville a été couvert de graffitis signés par les zadistes et les « anti-fascistes »… Un petit groupe d’anarchistes a paradé en centre-ville toute la soirée, allumant notamment des feux d’artifice sans être inquiétés.

Anne-Yvonne Le Dain ne comprend pas. « La démocratie, c’est l’art de la guerre en temps de paix, c’est s’affronter sur des idées. On est face à des gens qui ne veulent pas du débat. 56 % des gens se sont prononcés pour l’aéroport à Notre-Dame-de-Londres et pourtant ils refusent cette consultation. Avec eux, ce n’est pas la raison qui prévaut, c’est leur raison qui prévaut. »

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Anne-Yvonne Le Dain a déposé Plainte. La députée avait décidé de déposer le préavis afin de rendre le bail de sa permanence parlementaire « pour ne pas mélanger les genres », alors que la campagne pour les législatives va bientôt débuter. Alors que seule la façade du local a été brûlée, elle hésite désormais à le faire : « Je me demande si ce ne serait pas donner le sentiment de céder face à ces agissements. »