Montpellier: Le Royal transformé en salle de concert par les squatteurs, les riverains en ont plein les oreilles

SOCIETE La présence des squatteurs dans le cinéma fermé depuis 2015 n’a posé aucun problème aux résidents jusqu’au moment où les concerts ont commencé. La mairie botte en touche…

Jerome Diesnis

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Le Royal est occupé depuis le mois de mai 2016. Le cinéma a été définitivement fermé au public en janvier 2015
Le Royal est occupé depuis le mois de mai 2016. Le cinéma a été définitivement fermé au public en janvier 2015 — Jérôme Diesnis / Agence Maxele Presse

Ils ont d’abord vu l’occupation du cinéma Royal, rue Boussairolles, d’un œil bienveillant. « Ce sont des gens sympathiques », estimait Chabane Bouali, le patron de l’hôtel Kalliste, situé face au cinéma. La donne, depuis, a changé. « L’occupation en elle-même ne me posait pas de soucis jusqu’à ce qu’ils commencent à organiser des concerts », peste une riveraine.

La salle n’étant pas insonorisée, la musique s’invite dans les salons. Un sixième concert est prévu le 25 octobre. La liste de la programmation artistique et des débats en tout genre sont disponibles sur Facebook : « C’est comme si on avait une rave party au pied de l’immeuble, reprend la voisine. Ça se termine à deux ou trois heures du matin, avec des gens bruyants et souvent ivres dehors. »

La mairie botte en touche

« Nous avons été les voir pour leur expliquer la situation, indique Aimeric, un autre voisin. Ils nous ont dit qu’ils comprenaient et que ça n’allait plus se produire. Le week-end d’après, c’était pire. » L’immeuble où il réside venait d’être refait. Il a été tagué. « On a appelé la mairie. On nous a envoyés balader. » Contacté, l’hôtel de ville explique qu’il s’agit « d’une affaire privée ».

La réponse fait hurler les riverains. Au-delà de la musique à l’intérieur de la salle, c’est bien l’occupation du domaine public à l’extérieur avec le prolongement des concerts sur le trottoir qui excède également les habitants de la rue Boussairolles.

Droit au logement

Le Royal, propriété du Groupe Aubert, a été fermé en 2015. Les squatteurs qui l’occupent depuis cinq mois ont obtenu gain de cause devant le tribunal au nom du droit au logement. « C’est un lieu de création artistique, d’expression, ouvert à tous », indique l’un d’entre eux.

Pour Chabane Bouali, « le problème, c’est l’attroupement à partir d’une certaine heure les soirs de concert. Ces nuisances, ce n’est pas possible. Ce sont des gens avec lesquels il était jusqu’à présent possible de discuter. J’aimerais qu’ils fassent le ménage de leur côté avant qu’on ne prenne d’autres mesures. On doit protéger nos commerces. »