Montpellier: Las Cazes s'éloigne peu à peu de son image de «collège ghetto»

EDUCATION Des mesures, mises en place cette rentrée, ont permis de rendre le collège plus attractif. Car jusqu’ici, de nombreux parents fuyaient l’établissement…

Nicolas Bonzom

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Au collège Las Cazes, à Montpellier (Archives).
Au collège Las Cazes, à Montpellier (Archives). — N. Bonzom / Maxele Presse

Las Cazes entame une profonde mutation. Le collège montpelliérain, pointé du doigt depuis des années pourson manque criant de mixité sociale, veut redorer son image. Car chaque rentrée, ce sont plusieurs centaines d’enfants qui parvenaient jusqu’ici à échapper à une inscription dans l’établissement des Cévennes…

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Si certains parents obtenaient des dérogations du Rectorat, d’autres optaient pour le privé, pour éviter à tout prix à leurs progénitures d’être scolarisés dans ce « collège ghetto », où l’immense majorité des jeunes arrivent des quartiers populaires de la Pergola ou du Petit-Bard. Mais cela pourrait changer.

Un changement de nom

Depuis la rentrée, la direction de l’établissement et le département de l’Hérault, qui finance les collèges, ont mis en place de nombreux dispositifs pour rendre ce collège « plus attractif ».

Et d’abord, un changement de nom. Dans les prochains mois, Las Cazes deviendra le collège Simone-Veil, du nom de l’ex-ministre qui a porté la loi sur l’IVG (l’interruption volontaire de grossesse). « L’accord a été donné, assure Kléber Mesquida (PS), président du département de l’Hérault, qui a la charge des collèges. Nous n’attendons plus que la réponse du Rectorat. »

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« Oui, le collège a changé »

La révolution se traduit aussi par l’ouverture de « filières spécifiques » comme des classes sportives (basket, rugby à XV, judo) ou une classe internationale. Dorénavant, les élèves de 5e se verront remettre des tablettes numériques, histoire d’être un peu plus en phase avec l’éducation 2.0.

Des mesures qui ont visiblement déjà fait leur petit effet. « Oui, le collège a changé, témoigne Akram, 14 ans, en 3e à Las Cazes, interrogé devant l’établissement, ce mercredi. Ça s’est diversifié. Ça vient de partout, on peut parler avec des gens différents… C’est important pour nous. »

« Cela ne se fera pas du jour au lendemain »

Cette année, pour la première fois depuis longtemps, il y a eu 36 nouveaux inscrits à Las Cazes : 20 en classe de rugby, 13 en classe internationale et… trois dérogations pour venir étudier au collège. Et parmi ces nouvelles inscriptions, seuls trois élèves arrivent du Petit Bard. Les autres viennent des communes de la métropole, d’Agde, et plus loin.

« Ces mesures sont bénéfiques, note Claude Aïqui-Reboul, vice-président de la FCPE de l’Hérault (fédération des parents d’élèves). Il faut continuer dans cet esprit pour casser l’image de cet établissement, et parvenir à un vrai brassage culturel. Mais cela ne se fera pas du jour au lendemain. »