Une jurée tirée au sort a-t-elle été écartée de la Cour d’assises de Montpellier à cause de son handicap ?

DISCRIMINATION Monique a écrit au Défenseur des droits pour se plaindre de sa désagréable expérience…

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La problématique d'accessibilité et de handicap (illustration).
La problématique d'accessibilité et de handicap (illustration). — A. GELEBART / 20 MINUTES

C’est la deuxième fois que Monique est écartée du jury de la Cour d’assises. Pourtant, cette Montpelliéraine de 58 ans avait été tirée au sort, quelques semaines plus tôt, pour siéger lors d’une session d’assises du 12 au 27 septembre. La cause, selon elle : elle se déplace en fauteuil roulant, rapporte France Bleu Hérault.

La quinquagénaire, qui souffre depuis sa naissance d’une maladie orpheline qui affecte ses muscles, avait reçu une lettre lui expliquant qu’elle avait été tirée au sort. Lorsqu’elle s’est présentée au palais de justice, avec son fauteuil électrique, elle a fini par être récusée, raconte-t-elle, à cause de son handicap.

« C’est inacceptable »

Malgré l’installation de rampes provisoires, le fauteuil ne passe pas partout dans ce vieux bâtiment. « Comme il ne voulait pas retarder les débats, l’avocat général m’a récusée. Ce n’est pas normal que je ne puisse pas exercer ma citoyenneté, j’ai l’impression d’être un fantôme, c’est inacceptable », témoigne Monique, au micro de la station héraultaise.

Selon France Bleu Hérault, du côté du parquet, on réfute toute discrimination, en expliquant que des solutions sont en cours d’étude pour se mettre en conformité avec la loi de 2005, sur l’accessibilité des personnes à mobilité réduite. La Montpelliéraine, qui a dû suivre les procès dans le public, a écrit au Défenseur des droits pour se plaindre de sa désagréable mésaventure.