Perpignan: Une sage-femme jugée après la mort d’un bébé né à domicile

JUSTICE Il est reproché à la prévenue de ne pas avoir eu recours à un matériel adapté, et de ne pas avoir donné l’alerte suffisamment tôt…

N.B.

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Illustration: un nouveau-né.
Illustration: un nouveau-né. — Kate T. Parker/REX/REX/SIPA

Une sage-femme de 39 ans, était jugée mardi devant le tribunal correctionnel de Perpignan (Pyrénées-Orientales). En octobre 2008, un bébé est mort-né lors d'un accouchement pratiqué par la prévenue au domicile familial, rapporte L’Indépendant. Le jugement a été mis en délibéré au 25 octobre prochain.

La justice soupçonne la sage-femme, jugée pour homicide involontaire, de ne pas avoir eu recours à un matériel adapté, et de ne pas avoir donné l’alerte suffisamment tôt. Quelques mois avant l’accouchement, un médecin avait signifié qu’une naissance à la maison n’était pas raisonnable, vu « le poids de l’enfant ».

« La naissance en milieu hospitalier aurait pu offrir une chance de survie »

C’est une fois venu au monde que les choses se sont compliquées pour le nouveau-né. Il ne respirait plus, explique le quotidien régional, et son cordon ombilical s’était entouré autour de son cou. La sage-femme a alors entamé des gestes de ventilation, et a demandé de l’aide aux parents, tous les deux infirmiers.

Les secours sont appelés par la suite, mais à leur arrivée, il est trop tard. L’enfant est décédé. Les experts, cités par L’Indépendant, évoquent « une souffrance aiguë liée à l’accouchement qui nécessitait une prise en charge en milieu hospitalier » et assurent que « la naissance en milieu hospitalier aurait pu offrir une chance de survie à l’enfant ».

De son côté, la prévenue assure n’avoir commis aucune erreur de jugement, expliquant que « d’autres examens auraient pu être demandés pour expliquer la cause de la mort ». Le parquet a requis une peine de 12 mois de prison avec sursis et une interdiction d’exercer pendant trois ans.