Lozère: Un maire brave l’Etat et autorise l’abattage du loup

ANIMAUX Excédés par la mort de nombreuses brebis, les éleveurs ont obtenu l’autorisation de tirer sur le loup. Le préfet, qui a saisi le tribunal administratif, les menace de poursuite pénale…

Jérôme Diesnis
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Les éleveurs sont excédés de perdre des bêtes tués par le loup. Le maire de la commune de Prévenchères a décidé de les soutenir et de braver l'Etat.
Les éleveurs sont excédés de perdre des bêtes tués par le loup. Le maire de la commune de Prévenchères a décidé de les soutenir et de braver l'Etat. — Jean-Christophe Magnenet afp.com

Le maire de la petite commune de , en Lozère, a décidé de signer un arrêté municipal autorisant le tir sur les loups, jeudi. Une décision que seul  . Evoquant la « nécessité d’assurer la tranquillité et la sécurité publique », dans un contexte « d’erreur manifeste d’appréciation » et « d’inadéquation de la position du Préfet par rapport aux éleveurs », le maire a abondé dans la sens de la dizaine d’agriculteurs de sa commune particulièrement remontés.

Le tribunal administratif saisi en référé suspension

Depuis le début de l’année, de nombreuses brebis auraient été tuées par le loup. Les trois dernières l’ont été , déjà touché par la perte de treize animaux en juillet. Selon l’arrêté pris par le maire, les tirs de défense, les tirs en battues, les tirs de prélèvement, de prélèvement renforcé et le piégeage sur l’espèce loup sont autorisés pour une durée de 6 mois.

Le préfet Hervé Malherbe a immédiatement décidé d’attaquer l’arrêté en référé suspension devant le tribunal administratif. Mais celui-ci ne se réunira qu’en début de semaine.  organisée de ce dimanche par les chasseurs du village qui ont annoncé leur intention de faire feu s’ils croisent le canidé. « Si le loup est blessé voire tué, la personne à l’origine du tir serait passible de poursuites pénales », prévient le préfet.

Le représentant de l’Etat a expliqué qu’il prendrait « lundi les arrêtés nécessaires, en cours de rédaction, pour autoriser les tirs de défense pour les agriculteurs menacés ». Cette disposition n’a pas suffi pour calmer la colère des éleveurs de Lozère…