Nîmes: La justice confirme l'interdiction de la conférence de l'islamologue Hani Ramadan

JUSTICE L’association de la mosquée, qui devait accueillir le conférencier controversé, va saisir le Conseil d’Etat, puis la Cour européenne des droits de l’homme…

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L'autre orateur vedette des 24èmes Rencontres de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) était Hani Ramadan, frère de l'intellectuel Tariq Ramadan et petit-fils de Hassan El Banna, fondateur des Frères musulmans égyptiens.
L'autre orateur vedette des 24èmes Rencontres de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) était Hani Ramadan, frère de l'intellectuel Tariq Ramadan et petit-fils de Hassan El Banna, fondateur des Frères musulmans égyptiens. — Jean Ayissi AFP

Ce lundi, le tribunal administratif de Nîmes a validé l’interdiction de la tenue de la conférence d’Hani Ramadan. La justice a donc rejeté le recours des responsables de la mosquée Lumière et piété, qui demandaient l’annulation de l’arrêté pris vendredi par la mairie de la capitale gardoise, interdisant la prise de parole de l’islamologue controversé, frère de Tariq Ramadan.

« Un signe fort »

Une décision qui réjouit le maire par intérim de Nîmes, Franck Proust (LR) : « Cette décision […] envoie un signe fort sur l’impérieuse nécessité de respecter les principes fondamentaux de la République […]. Cette décision rappelle également à sa manière que le respect des principes de laïcité qui régissent la liberté religieuse ne peut s’accommoder de propos attentatoires à la dignité humaine ou discriminatoires envers les femmes », a souligné l’élu, sur Objectif Gard.

Sur Facebook ce lundi, les responsables de la mosquée ont signifié avoir accueilli avec « beaucoup d’étonnement » cette décision du tribunal administratif. « La mairie n’avait apporté aucun élément de preuve, alors que l’association a apporté la preuve des réunions antérieures avec Hani Ramadan, qui s’étaient déroulées dans le plus grand calme », indiquent-ils notamment sur le réseau social.

L’association va saisir le Conseil d’Etat, puis la Cour européenne

L’association signifie qu’elle va saisir le Conseil d’État. « Si le Conseil d’État estimait qu’il n’y a pas lieu de se prononcer car la date de la réunion est passée, l’association saisirait la Cour européenne des droits de l’homme pour s’opposer à ces atteintes à la liberté d’expression et de réunion, souligne-t-elle. L’association va également introduire un recours au fond, en annulation la décision du maire. »

Hani Ramadan est coutumier des dérapages. Il s’était notamment prononcé en faveur de la lapidation.