Nîmes: Conférence interdite du controversé Hani Ramadan, la justice va se prononcer

JUSTICE La ville de Nîmes a interdit la conférence de l’islamologue à la réputation sulfureuse, comme son frère Tariq. La mosquée a saisi le tribunal administratif, qui doit se prononcer ce lundi...

Jerome Diesnis

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Hani Ramadan, frère de Tariq Ramadan et petit-fils de Hassan El Banna, fondateur des Frères musulmans égyptiens.
Hani Ramadan, frère de Tariq Ramadan et petit-fils de Hassan El Banna, fondateur des Frères musulmans égyptiens. — Jean Ayissi AFP

Saisi par les responsables de la mosquée Lumière et Piété et notamment son président Nourredine Essadik, le tribunal administratif de Nîmes doit rendre son verdict ce lundi.

Les responsables musulmans ont attaqué en justice la décision du maire par intérim de Nîmes, Franck Proust (LR), d’interdire la conférence du sulfureux islamologue suisse Hani Ramadan, frère de Tariq Ramadan et petit-fils du fondateur des Frères musulmans, initialement prévue samedi dans la mosquée du quartier Valdegour.

« Une femme non voilée passe de main en main »

Hani Ramadan s’est notamment prononcé en faveur de la lapidation ou a comparé une femme non voilée à une femme sans vertu. Des propos qui ont poussé Franck Proust à interdire cette conférence « susceptible d’attiser la discrimination entre les hommes et les femmes, de porter atteinte à la cohésion sociale dans un contexte de polémiques exacerbées par les récents événements terroristes et de provoquer un trouble grave à l’ordre public ».

Alors que le maire précise que l’islamologue « est coutumier des prises de paroles qui vont à l’encontre des valeurs de la République », Yoann Gillet (FN), opposant à la mairie de Nîmes, demande à l’édile de rompre le bail emphytéotique accordé à la mosquée en décembre 2013.

Le conseiller municipal d’opposition avait alerté l’opinion publique sur la venue d’Hani Ramadan. « Quand on invite des fondamentalistes, on ne peut pas se prétendre modéré et fréquentable. On ne doit pas se voir accorder des avantages par une municipalité. Tout lien doit être rompu », réclame-t-il.