Pyrénées: Le méga projet de fusion des stations de ski ne verra pas le jour

ECOLOGIE Le ministère de l’Environnement est opposé à la fusion de Font-Romeu-Pyrénées 2000, Les Angles et Formiguères, qui devait créer le deuxième plus grand domaine des Pyrénées…

Jerome Diesnis

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Les trois station de ski de Font Romeu-Pyrénées 2000, Les Angles et Formiguères ne fusionneront pas.
Les trois station de ski de Font Romeu-Pyrénées 2000, Les Angles et Formiguères ne fusionneront pas. — FRED SCHEIBER / 20 MINUTES

Le projet prévoyait d’en faire l’un des plus grands domaines skiables d’Europe. Le second des Pyrénées derrière Grandvalira, en Andorre. Mais la fusion des stations de Font-Romeu-Pyrénées 2000, Les Angles et Formiguères, qui devait déboucher sur un domaine skiable de 150 km, n’aura très certainement pas lieu. Le ministère de l’Environnement a accédé à la requête de l’association Charles Flahault et retoqué le projet présenté par les maires des trois stations.

L’association évoquait un désastre écologique dans ce parc naturel régional, classé Natura 2000. L’Etat l’a suivi en mettant son veto. Sept kilomètres de remontées mécaniques, 30 km de pistes et des canons à neige devaient être construits et des travaux de déforestation menés pour permettre la jonction des trois stations. « C’est le retour à la raison, savoure Christian Blanc, ancien maire des Angles, membre du collectif d’associations [une trentaine au total] opposées au projet, à France Bleu Roussillon. Comment quelques élus ont-ils pu imaginer qu’ils pouvaient s’affranchir des règlements d’un parc naturel ? »

« On va crever la bouche ouverte »

Pour ses concepteurs, les collectivités locales et territoriales auraient assuré l’essentiel du financement du projet, estimé dans une fourchette large entre 50 à 60 millions d’euros. Les maires mettaient en avant les économies d’échelle et s’appuyaient sur le rapport de la Cour des comptes, critique sur la capacité de survie des stations de moins de 5 millions d’euros de chiffre d’affaires alors que l’enneigement est appelé à diminuer avec le réchauffement climatique. « 100% de notre économie provient de la neige, été comme hiver, enrage Jean-Louis Démelin, président de la communauté de communes du Capcir Haut Conflent. Les gens veulent nous empêcher de travailler, on va droit dans le mur. On va crever la bouche ouverte. Merci les écolos ! »