Montpellier: A Castries, la décharge inquiète toujours autant les associations

DECHETS La métropole l'a confirmé ce mercredi : il n’y aura pas de troisième casier sur le centre de stockage. Pas suffisant pour calmer les inquiétudes des riverains…

Nicolas Bonzom

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La décharge de Castries (Archives).
La décharge de Castries (Archives). — ACIDC

Depuis bientôt six ans, au nord-est de Montpellier, riverains et associations mènent une lutte sans merci contre la décharge de Castries.

Cet immense centre de stockage qui engrange quelque 80.000 tonnes de déchets présentés comme « inertes » chaque année, serait responsable d’odeurs pestilentielles et de méfaits sur l’environnement et la santé des riverains, assurent les militants…

Un procès gagné par la métropole

Une affaire qui a provoqué de nombreux remous politico-judiciaires : l’ACIDC (Association collectif intercommunal contre la décharge de Castries) a déposé plainte contre la métropole, gestionnaire du centre, pour des failles sur la mise en place des casiers et son impact environnemental.

Un procès gagné par la collectivité, mais qui sera rejugé en appel prochainement à Marseille. Le Parlement européen a également été saisi, à travers une pétition.

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En décembre dernier, suite à une pollution, l’Etat avait ordonné l’arrêt du stockage de déchets sur le site. En mars, le ballet des camions avait pu reprendre, au grand dam des associations anti-décharge.

La décharge de Castries (Archives)
La décharge de Castries (Archives) - N. Bonzom / Maxele Presse

« Il n’y aura jamais de troisième casier »

Mais ce qui agace le plus les habitants des communes proches de la décharge montpelliéraine, c’est l’éventualité de la construction d’un troisième casier. Le deuxième, en effet, est presque plein. Il le sera au deuxième semestre 2019.

Philippe Saurel (divers gauche), le président de la métropole, a tenu à les rassurer, mercredi. « Non, il n’y a jamais de troisième casier à Castries », a assuré l’élu. Par ailleurs, Cyril Meunier (divers gauche), vice-président de la métropole délégué à la valorisation des déchets, confie qu’il n’y a « aucune recherche de site pour accueillir un troisième casier ».

Trier ses déchets

« S’il y avait une volonté d’ouvrir un casier, nous aurions déjà lancé les études, reprend-il, car il y a 4 ans de démarches. » La métropole assure vouloir utiliser les « outils existants », en s’appuyant sur un schéma régional. Et surtout, inciter les citoyens à « trier ses déchets », histoire de limiter l’impact sur la décharge de Castries.

La décharge de Castries vue du ciel.
La décharge de Castries vue du ciel. - Collectif anti-décharge de Castries.

Des explications qui ne satisfont pas le président de l’ACIDC, et de Saint-Drézéry Nature Environnement, Greg Solinas. « On nous promet qu’il n’y aura pas de troisième casier… Ce sont des promesses d’homme politique, mais pourquoi pas. Mais concrètement, comment fera-t-on lorsque le deuxième casier sera plein ? Tout ceci est très flou. »

Des déchets fermentescibles

Le militant pointe également du doigt la teneur des déchets stockés à Castries. Selon la métropole, il n’y aurait que des déchets inertes, non dangereux pour l’environnement. Faux, assure l’ACIDC. « Il y a des déchets fermentescibles [rebus de cuisine ou du potager], ça ne devrait rien à avoir à faire ici. Il suffit de voir toutes ces mouettes qui viennent s’y nourrir à longueur de journées », affirme Greg Solinas.

A Castries, le bras de fer entre la métropole et les associations est loin d’être terminé.