Montpellier: Nouveau stade pour le MHSC, jackpot assuré, vraiment?

FOOTBALL Louis Nicollin a annoncé qu'il serait prêt à refaire des folies lorsque le nouveau stade sortira de terre sans doute vers Odysseum. Les recettes risquent d'exploser. Les dépenses aussi...

Jérôme Diesnis
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Le MHSC évolue dans l'enceinte désormais désuète du stade de la Mosson.
Le MHSC évolue dans l'enceinte désormais désuète du stade de la Mosson. — ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

Interrogé par les journalistes de France Bleu Hérault et 20 Minutes, Louis Nicollin l’a confirmé lundi dans le Club Sers. Un nouveau stade de 25.000 places devrait voir le jour. « Le choix de l’endroit est en train de se dessiner… Je pense que ça part sur Odysseum. Dans un mois, un mois et demi, on aura la réponse. »

Cette nouvelle enceinte doit ouvrir une nouvelle ère pour le club héraultais. « Avec le stade, il n’y aurait plus ce problème. C’est certain. Il y aurait une brasserie, des bars… Vous ne pouvez pas vous imaginer ce que ça génère. Qu’est-ce qu’on fait, nous, avec notre buvette, à la Paillade, hein ? », s’interroge l’emblématique président de Montpellier.

Nicollin : « Si on a le nouveau stade, je partirai en couille »

Le montage financier reste à définir, la date à fixer. Mais Philippe Saurel, le maire (DVG) de Montpellier, en a une idée de plus en plus précise. « Le budget devrait s’élever à 120 millions d’euros. Il sera financé par un partenariat public-privé et le naming ». Il parle « d’une dizaine d’années », Louis Nicollin espère le voir pousser dès 2019. « Si on a le nouveau stade, je vais essayer de ne pas être grossier : je pense que je partirai un peu en couille. »

Alors, quelles retombées pour le stade ? Pour Louis Nicollin, la nouvelle enceinte va décupler les recettes : le merchandising avec une boutique au stade, de vrais espaces VIP, une brasserie, des bars dignes de ce nom les soirs de match et les recettes guichets, faméliques actuellement. Avec 9.776 spectateurs et 5.400 abonnés au 28 août, sa moyenne est la pire de France. Après trois journées, ce n’est pas représentatif, mais symbolique…

L’an passé, son affluence fut la quinzième de L1. Lors de la saison 2014/2015 (le bilan des clubs n’est pas encore connu pour 2015-2016), seuls deux clubs avaient fait pire en termes de recettes de match (2,75 millions d’euros pour le MHSC) : Lorient (2,55 millions) et Toulouse (2,2 millions). Contre 3,5 millions à Bastia ou 9 à Nantes…

+346 % de recettes guichet à Lyon

Même si les enceintes ne sont pas de taille comparable, Bordeaux, en inaugurant le Matmut Atlantique, avait pour objectif de doubler ses recettes. Lyon, entré dans ses nouveaux meubles fin janvier, donne du poids à cette idée. Coté en bourse, l’OL est tenu de communiquer ses comptes : entre les premiers trimestres 2015 et 2016, les revenus issus de la billetterie ont grimpé de 346 %, ce que les résultats seuls ne peuvent expliquer.

Mais ce n’est pas magique. Son coût est toujours reporté sur le loyer du club locataire, lissé sur plusieurs dizaines d’années. A Lille, l’explosion des coûts de location (4,7 millions par an contre moins d’un million auparavant), un pourcentage de la billetterie (0,5 %) à reverser à Eiffage et diverses prestations obligatoires grèvent le budget. Au point que les dirigeants estiment que le nouveau stade ne leur a finalement rien rapporté