Top 14: Montpellier atomise l’UBB et se remet la tête à l’endroit

RUGBY Large vainqueur à Bordeaux (15-32), le MHR a réellement débuté sa saison après deux revers initiaux. Maîtrise, puissance et occupation : la machine héraultaise est lancée…

Jerome Diesnis

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Yvan Watremez et ses partenaires ont réalisé une très grosse performance à Bordeaux (archives)
Yvan Watremez et ses partenaires ont réalisé une très grosse performance à Bordeaux (archives) — Jérôme Diesnis / Maxele Presse

Après deux premiers revers en Top 14 à Toulouse puis face à Clermont, Montpellier n’a pas tendu une troisième fois la joue. Son déplacement sur les terres de l’Union Bordeaux-Bègles était un troisième test. Cette fois, c’est une leçon de maîtrise et de puissance que les concurrents au titre ont donnée. Leur victoire (15-32) sonne le réveil héraultais. Elle est de celle qui frappe les esprits. Mohed Altrad, le président du MHR, ne se disait pas du tout inquiet avant le match. Il l’est encore moins depuis.

Quelle défense !

La marque de Jake White, c’est la puissance et le jeu de démolition. Pour bousculer ce bloc, l’UBB a tenté de produire beaucoup de jeu et d’épuiser son adversaire. Il n’y est jamais parvenu. « On voulait enchaîner les temps de jeu, mettre du rythme, on n’y est absolument pas arrivé, évoque le demi de mêlée girondin Baptiste Serin. Leur défense était très écartée, on est tombé sur un mur. Ils nous ont eus sur des contres, des mauls, on est tombé dans le piège. »

La conquête, c’est vraiment solide

Le MHR dispose d’un des paquets d’avants les plus performants de France. Il l’a encore prouvé à Bordeaux en assurant les lancers et surtout la mêlée. Le premier essai est venu de cette phase de jeu avec une 89 d’école conclue par l’arrière Jess Mogg intercalé (6-7, 9e). Celui qui a permis aux Héraultais de prendre la tête et ne plus la lâcher.

Et Montpellier a encore fait le trou après la pause sur cette situation de jeu. A l’origine un choix douteux de l’UBB qui avait le choix entre lancer en touche ou introduction en mêlée et a bizarrement pris la seconde option dans ses 22 mètres… avant de se faire sanctionner (12-22, 50e).

Catrakilis les a baladés

Demetri Catrakilis et François Trinh-Duc n’ont absolument aucun point commun, si ce n’est leur numéro dix dans le dos et d'avoir joué sous le même maillot. Successeur de l’ouvreur aux 55 sélections en équipe de France, avec lequel il partageait l‘ouverture la saison dernière, le Sud-Africain s’est régalé de balader les Girondins par la précision de son jeu d’occupation au pied.

C’est bien moins spectaculaire que les fulgurances de l’enfant du Pic Saint-Loup, mais c’est une gestion terriblement efficace du jeu. En plus d’assurer face aux perches à 6/7 dans ses tentatives.