Vincent Boileau-Autin, premier marié homo, dénonce les promesses non-tenues de Hollande

POLITIQUE Le militant et président de la Fierté Montpellier Pride regrette que la PMA ou le combat contre la dépénalisation universelle de l'homosexualité ait été mis au placard...

Nicolas Bonzom

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Vincent Boileau-Autin.
Vincent Boileau-Autin. — N. Bonzom / Maxele Presse / 20 Minutes

« Et maintenant ? » : le mot d’ordre de la 22e Marche des diversités de Montpellier (Hérault), qui s’élancera le 16 juillet prochain à 18 h aux jardins du Peyrou, est plus explicite que jamais. « Nous appelons à une remobilisation », note Vincent Boileau-Autin, président de la Fierté Montpellier Pride.

Car selon le premier marié homosexuel de France, le président François Hollande n’a pas tenu toutes ses promesses. Loin de là. « Certes, le mariage pour tout à fait considérablement avancer les choses, souligne-t-il. Mais le chemin est encore long. »

La PMA mise au placard

Et pour étayer sa charge contre le président, Vincent Boileau-Autin pointe du doigt la PMA (la procréation médicalement assistée). Plusieurs fois, le candidat Hollande et ses proches s’étaient exprimés avant son élection, sous certaines conditions, en faveur de la PMA.

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« Nous aurions souhaité qu’il respecte sa promesse. Il s’y était engagé, confie le militant. Aujourd’hui, nous sommes malheureusement conscients que cette ouverture n’existera pas. Ce quinquennat-là devait être celui de la modernité… Finalement, c’est celui du conservatisme. »

Ces dernières heures, Laurence Rossignol, ministre de la Santé, a pourtant fait un premier pas vers l’ouverture de la PMA aux couples lesbiens, en annonçant l’abrogation prochaine d’une circulaire punissant les gynécologues orientant leurs patientes vers l’étranger pour y subir une PMA. Mais à la Fierté Montpellier Pride, on attend de voir…

Le don du sang ? Une « hypocrisie » !

Quant à la levée partielle, par l’ex-ministre de la Santé Marisol Touraine, de l’exclusion des homosexuels du don du sang, le Montpelliérain regrette « une hypocrisie ». « Il y a une condition à respecter : que le donneur homosexuel n’ait pas eu depuis au moins un an de relations sexuelles. D’abord, c’est ridicule, car cela reste du déclaratif. Mais comment peut-on exiger de quelqu’un qu’il s’abstienne un an pour donner son sang ? »

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Mais la colère de l’association ne s’arrête pas là : l’autorisation des soins funéraires pour les porteurs du VIH ou la « dépénalisation universelle de l’homosexualité » (dont le président avait promis de mener personnellement le combat), semblent aujourd’hui au placard des promesses du quinquennat Hollande.

Ces thèmes, ils seront abordés du 11 au 16 octobre prochain, lors du Congrès mondial des Prides, qui est organisé pour la première fois en France depuis 25 ans, à Montpellier. « Nous serons à quelques mois des élections. Ce n’est pas un hasard. On fera le bilan », souligne Vincent Boileau-Autin.