VIDEO. Sète : Pour la première fois, les Shadoks s'exposent au Miam

SORTIES Le dessin-animé culte, créé par Jacques Rouxel, est au centre d'une exposition, visible jusqu'au 6 novembre...

Nicolas Bonzom

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Les Shadoks.
Les Shadoks. — Jacques Rouxel - aaa production

La première fois qu’ils sont apparus à l’écran, c’était le 29 avril 1968, sur l’ORTF, à 20h30 précises, juste avant les événements du mois de mai. Depuis, les Shadoks sont devenus cultes et leurs propos n’ont pas pris une ride.

Pour la première fois, la série animée de Jacques Rouxel, qui a connu 208 épisodes sur l’ORTF puis sur Canal + en 2000, est au centre d’une exposition, à voir jusqu’au 6 novembre à Sète, au Musée international des arts modestes (Miam).

Après « Le manège enchanté » et « Groland »

« Les Shadoks ont marqué à jamais l’inconscient collectif français au point que certaines de leurs expressions sont entrées dans le langage courant : « Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? », « Pomper comme un Shadok », explique l’auteur et réalisateur Thierry Dejean, ex-collaborateur de Jacques Rouxel et commissaire associé de l’exposition. Aucune rétrospective pour ce génial auteur n’a vu le jour à cette date. Cette exposition se propose de combler cette lacune. »

Après « Le manège enchanté » et « Groland », le lieu culturel s’attaque à ces oiseaux rondouillards qui « pompent, pompent, pompent », à travers de nombreux dessins originaux, celluloïds, story-boards, figurines, articles de journaux ou publicités.

Un Miró

« Le premier objectif était de redonner à Jacques Rouxel, la place qu’il mérite, car l’on se souvient souvent de Claude Piépu [la voix-off de la série], mais pas assez du talent du papa des Shadoks, explique Aurélie Carnac, médiatrice au Miam. L’autre axe, c’est de faire communiquer l’univers de ce programme, avec des oeuvres d’artistes contemporains qui pour certains ont pu avoir une inspiration proche : l’absurde, le non-sens ou le décalage… »

Et notamment des dessins de machines de l’artiste suisse Jean Tinguely ou un Miró, dont le trait rappelle étonnamment les gros oiseaux télévisuels de Jacques Rouxel.

Un salon de musique

« Certains artistes ont été inspirés par les Shadoks, souligne Hervé Di Rosa, peintre et président de l’association qui gère le musée sétois. Et même moi, je suis sûr que dans mon inconscient, mes peintures ont quelque chose à devoir à Jacques Rouxel. »

Et pour les mélomanes, un salon de musique Shadok invite le visiteur à découvrir les compositions originales créées pour la série par le musicien contemporain Robert Cohen-Solal.

L’exposition est à voir chaque jour de 9 h 30 à 19 h. Visites guidées du lundi au vendredi (14 h 30 et 16 h). Tarifs : gratuit (moins de 10 ans, demandeurs d’emploi) à 5,60 euros.