Montpellier : Un dispositif pour accompagner les personnes qui ont tenté de se suicider

SANTE Les CHU de Nîmes et de Montpellier ont adopté ce programme, qui devrait être prochainement étendu à tout le Languedoc-Roussillon…

Nicolas Bonzom

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Les urgences du CHU de Nîmes.
Les urgences du CHU de Nîmes. — DAVT / CHU de Nîmes

C’est un dispositif innovant, qui a déjà fait ses preuves au CHU de Lille, où il est expérimenté depuis 2015. Les CHU de Nîmes et de Montpellier, avec le soutien de l’ARS (l’Agence régionale de santé) ont lancé le programme VigilanS, destiné à mieux accompagner les personnes qui ont tenté de mettre fin à leurs jours.

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Selon un rapport de l’Observatoire national du suicide, dévoilé en février dernier, dans le seul Languedoc-Roussillon, 428 décès liés à un suicide ont été enregistrés au cours de l’année 2012, et 2.169 individus ont eu recours à un séjour hospitalier suite à une tentative.

Quelques heures à peine à l’hôpital

Or, ceux-là restent encore aujourd’hui mal accompagnés. Selon le CHU de Nîmes, un patient sur deux quitte le service des urgences de l’hôpital à peine quelques heures après son admission, et 90 % des personnes hospitalisées sortent de l’hôpital après un séjour de moins d’une semaine. Le dispositif VigilanS doit permettre de ne pas laisser partir ces personnes, souvent vulnérables, sans suivi.

« Ce sont des patients que l’on a du mal à garder hospitalisés, et qui refusent, bien souvent, d’être pris en charge par un psychiatre, assure le professeur Philippe Courtet, chef du département des Urgences et des post-urgences psychiatriques à l’hôpital de Montpellier. Pour beaucoup, la tentative de suicide a un effet libérateur, et les patients disent se sentir mieux ensuite. Sauf que cela ne dure qu’un temps. La moitié d’entre eux récidivent dans les six premiers mois. »

Etendu à toute la région

Ainsi, à sa sortie du CHU, le patient « primo-suicidant » reçoit un numéro à appeler en cas d’urgence qui débouche sur une cellule d’écoutants. Et s’il ne s’agit pas de sa première tentative, il est rappelé 10 à 20 jours et peut bénéficier d’interventions adaptées. À chaque appel, un compte-rendu est adressé aux correspondants médicaux. La veille peut être prolongée, selon les situations.

Le dispositif, d’abord testé à Nîmes et Montpellier, devrait prochainement être étendu à Perpignan, Carcassonne, Sète et Béziers.