Grande région : Plus qu'un nom, les Catalans veulent un statut particulier pour les Pyrénées-Orientales

POLITIQUE Les militants veulent une collectivité territoriale à part entière en Catalogne nord, comme en Corse...

Nicolas Bonzom

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Un drapeau catalan (Archives).
Un drapeau catalan (Archives). — Josep Lago AFP

Après la victoire par K.O d’« Occitanie » sur les quatre autres appellations suggérées par la consultation citoyenne sur le nom de la grande région, les Catalans montrent les dents.

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Les habitants des Pyrénées-Orientales n’envisagent pas que toute notion de leur Catalogne Nord disparaisse au profit de l’Occitanie, pourtant plébiscitée à 44,90 % par les votants. Samedi après-midi, ils étaient près d’un millier dans les rues de Perpignan pour s’insurger contre ce choix, qui doit être validé par les élus, puis le Conseil d’Etat.

« Nous ne serons jamais Occitans ! »

« Nous avons notre propre identité, et nous y tenons, confie Jordi Vera, l’un des animateurs du collectif Oui au Pays Catalan, et président du parti politique Convergence démocratique de Catalogne. Nous ne serons jamais Occitans ! Nous sommes Catalans ! D’un point de vue historique, cela n’a absolument aucun sens. »

Mais si de nombreux Catalans militent volontiers pour que soit accolée au nom Occitanie la notion de Pays Catalan, ou même de Pyrénées, pour certaines le combat semble déjà ailleurs…

Un statut particulier pour les Pyrénées-Orientales

« Ce que nous voulons, c’est une collectivité territoriale à part entière, un statut particulier pour notre département, indique Jordi Vera. Nous souhaitons les mêmes institutions que la Corse, le même pouvoir. En restant dans le cadre de la République. » Pas d’indépendance donc, mais un premier pas vers une émancipation de la Catalogne française.

« Nous souhaitons un pouvoir propre à Perpignan, avec une assemblée, note Joan Nou, président du collectif Agissons et militant à Convergence démocratique de Catalogne. Lorsque nous étions en Languedoc-Roussillon, dans les Pyrénées-Orientales, nous récupérions les miettes de Montpellier. Et aujourd’hui, ce sont les miettes de Toulouse… Ras-le-bol d’être les éternels oubliés, nous voulons désormais prendre notre destin en main. »

Avant le vote des élus du conseil régional, prévu ce vendredi, à Montpellier, sur le nom de la région, Carole Delga, présidente PS de la collectivité, avait confié vouloir ouvrir une discussion avec les Catalans… Sûr que ce statut façon Corse sera mis sur la table.