Pourquoi la lutte contre le moustique est beaucoup plus compliquée

SANTE La lutte contre le moustique tigre, porteur de virus, est complexe: elle dépend de l'action individuelle. Celle contre le moustique local est limitée par les contraintes européennes...

Jerome Diesnis

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Illustration d'un moustique tigre.
Illustration d'un moustique tigre. — Franck Lodi / SIPA

La chaleur a mis du temps à s’installer à Montpellier. Avec la hausse des températures s’épanouit un habitant présent depuis longtemps sur le Golfe du Lion. Le moustique, longtemps canalisé grâce à l’action de l’EID (Entente interdépartementale de démoustication). Mais aujourd’hui, les spécialistes sont confrontés à un double problème.

Face au moustique local, les directives européennes ont tout bouleversé. De onze insecticides par le passé, seuls deux sont désormais autorisés. Les neuf autres sont considérés comme potentiellement dangereux et interdits.

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« C’est trop peu pour mener notre mission, avec des moustiques qui se sont adaptés, évoque Jean-Louis Gély, directeur de la communication et des relations extérieures. Un groupe de travail national a identifié une trentaine de substances potentielles. Pour les développer, il faut un appui financier de l’Etat. Le secteur industriel ne s’engagera pas seul, pour des questions de rentabilité très faible. »

Chikungunya, dengue et zika

Un autre moustique a colonisé à son tour le Languedoc-Roussillon durablement. Et là, contrairement au moustique local, pas question d’épandage par avion. Le moustique tigre est un insecte urbain. « Aujourd’hui, personne ne sait lutter efficacement à grande échelle », évoque Grégory Lambert, responsable recherche et développement EID. Il est susceptible de transmettre diverses maladies : depuis 2014 à Montpellier et Nîmes, 13 cas de chikungunya et 6 cas de dengue autochtones ont été découverts. Le moustique tigre peut également transmettre le zika.

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Face à lui, des essais de pièges sont mis en place. Pour l’instant, leur efficacité est limitée et l’action individuelle est la plus efficace : enlever toute source d’eau stagnante, même infime dans les coupelles et les pieds de parasol, là où la femelle pond les œufs qui éclosent au printemps. « Il est important que la population comprenne d’où vient le problème, souligne Jean-Louis Gély. C’est une lutte citoyenne de tous les instants. »