Montpellier : Le label French Tech, à quoi ça sert ?

NUMERIQUE Près de 19 mois après la labellisation de la métropole, « 20 Minutes » fait un premier bilan avec les chefs d’entreprise…

Nicolas Bonzom

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Le label French Tech (illustration).
Le label French Tech (illustration). — N. Bonzom / Maxele Presse

Voilà 19 mois que la métropole de Montpellier a décroché le label French Tech, qui récompense des écosystèmes numériques dynamiques et attractifs.

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Depuis, les 200 à 300 entreprises qui en sont membres ne lâchent plus leur pin’s à l’effigie de la cocotte rose, symbole du label numérique. Le 13 juin, le gouvernement doit (ou non) confirmer la labellisation montpelliéraine, pour deux ans. Mais, à propos, à quoi a servi le label French Tech ? 20 Minutes a posé la question à des chefs d’entreprises.

  • « On a gagné au moins deux ans »

Pour de nombreux entrepreneurs, cela ne fait aucun doute : le label est un passeport vers la croissance. C’est le point de vue de Frédéric Salles, co-fondateur de Matooma, qui crée des objets connectés. L’entreprise a décroché un pass French Tech, réservée aux entreprises en hyper-croissance (au moins + 150 % de croissance) et installées dans des métropoles labellisées.

« Sans le pass French Tech, jamais nous n’en serions là, confie-t-il. Grâce au dispositif, nous avons été choisis par les cabinets d’Emmanuel Macron et de Manuel Valls pour participer à un déplacement en Hollande, où nous avons signé un accord avec un grand opérateur. Les cabinets ministériels nous ont demandé ce dont on avait besoin pour grandir… Ils ont accédé à nos demandes, et grâce à cela, on s’est implanté à New-York, puis en Espagne. On a accéléré notre croissance, on a gagné au moins deux ans. »

  • « On a pu faire du chiffre d’affaires »

Michael Lalande, créateur de la société Idéalys, éditeur de logiciels sur-mesure, assure qu’il doit tout à Big up for start-up, un événement montpelliérain, monté par le réseau French Tech, où start-ups et grands groupes se sont rencontrés. « Quand on a participé à l’événement, on avait trois mois d’existence, on n’avait rien, confie l’entrepreneur. Sur place, on a pu rencontrer de grands groupes, certains nous ont fait confiance… Pour nous, ça a été génial. Dès la première année, on a pu faire du chiffre d’affaires. »

Pour Ludovic Charbonnel, de Services You, plate-forme de mise en relation entre des particuliers et des experts, « on ne s’imagine pas le poids du label French Tech au niveau international ».

  • « Soudés les uns aux autres »

Et même du côté des « mastodontes » du numérique, on approuve la nécessité du label. Stéphane Rebout, directeur de Dell Montpellier, reconnaît que sans la French Tech, l’école Up To, qui cherche à former des talents de demain, n’aurait pas pu voir le jour. « Il y a deux ans, cela n’aurait pas été possible, assure-t-il. Les acteurs du numérique n’étaient pas aussi soudés les uns aux autres qu’aujourd’hui. »

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Reste désormais à savoir si le gouvernement renouvellera le label à Montpellier. Du côté des chefs d’entreprise et des élus, on ne comprend pas comment cela ne pourrait pas être le cas. Du côté de la métropole, on met en évidence d’avantageuses courbes : entre 2014 et 2015, années de labellisation, la collectivité a constaté une augmentation de 80 des levées de fonds avec respectivement 50 et 90 millions d’euros.