Béziers : Pour qui roule Robert Ménard ?

POLITIQUE Le maire de Béziers souhaite peser sur 2017, en présentant des propositions aux candidats. Quant à ses relations avec le FN, elles s’annoncent désormais tendues…

Jerome Diesnis

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Robert Ménard.
Robert Ménard. — N. Bonzom / Maxele Presse

A chaque fois qu’il a été assimilé au Front National (le parti qui l’a soutenu lors de son élection), Robert Ménard, le maire de Béziers, rappelait immédiatement qu’il n’est pas membre du parti de Marine Le Pen. Les choses sont encore un peu plus claires depuis ce week-end.

Après avoir convié tous les représentants de la droite à Béziers et fondé son mouvement « Oz ta droite », le maire de la sous-préfecture héraultaise a rappelé ses distances avec le Front National. En n’entendant, d’abord, n’être le marchepied « de personne », il a entraîné le départ de Marion Maréchal Le Pen, mandatée par le parti d’extrême droite pour assister aux débats.

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A l’écart de la « machine FN »

« Il s’est toujours tenu un peu à l’écart de la ‘‘machine FN’’, précise le journaliste montpelliérain Jacques Molénat, qui a fondé Reporters sans frontières à ses côtés. Déjà, lors de son élection en 2014, il insistait sur la présence d’autres partis et groupuscules autour de lui. »

Pour Jacques Molénat, Robert Ménard n’a aucune intention de fonder un parti politique dans la perspective de la Présidentielle, comme le suspectent des membres du Front National. « Je ne le vois pas être candidat en 2017. Il veut simplement jouer un rôle clé dans le regroupement de l’extrême-droite et de la droite radicale. Il veut être une
sorte de "fédérateur". Il contourne le sempiternel choix des candidats pour mettre en avant les idées, ce qui est habile. »

Des propositions

A Béziers, devant 800 personnes censées représenter « la droite » (les partis politiques majeurs ne s’étaient pas déplacés), Robert Ménard a fait adopter 51 propositions censées être des marqueurs de son courant de pensée. Parmi elles : la retraite à 65 ans, la déchéance de nationalité pour les terroristes et leurs apologistes, la majorité pénale à 15 ans, le rétablissement de la double peine, le maintien du nucléaire, le budget de la défense à 3 % du PIB, ou l’abrogation de la loi Taubira.

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Mais à l’avenir, les relations avec le Front national s’annoncent beaucoup plus difficiles et tendues. « Il ne sortira rien de ce rendez-vous », assure, de son côté, Marion Maréchal-Le Pen, qui a qualifié la démarche du premier édile de Béziers d’« erreur politique majeure et historique », en claquant la porte.

Pour Jacques Molénat, cela ne devrait pas aboutir sur une scission au sein du parti. « Il n’y a aucun risque, confie-t-il. La seule scission, elle est avec Jean-Marie Le Pen. Et encore, elle reste marginale. Robert Ménard a encore peu d’écho au sein du Front national. »