Montpellier : Il y avait 150 à 200 «casseurs» dans la manifestation des lycéens

LOI TRAVAIL De nombreux dégâts sont à déplorer en ville. Dix-sept, dont neuf mineurs, ont été placés en garde à vue...

Nicolas Bonzom

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La manifestation des lycéens a dégénéré, ce jeudi.
La manifestation des lycéens a dégénéré, ce jeudi. — N. Bonzom / Maxele Presse

La matinée était tendue ce jeudi à Montpellier. Dès 7h, les lycéens, en colère contre le projet de loi Travail, ont bloqué l’accès de la quasi-totalité des établissements de la ville. Les quelque 1.000 à 2.000 manifestants se sont ensuite donné rendez-vous sur l’esplanade Charles-de-Gaulle, laissant derrière eux des vitres brisées, des poubelles renversées, et des arrêts de tramway saccagés.

Là, entre le Corum et le kiosque Bosc, en fin de matinée, durant près de 2h, une véritable scène de guérilla urbaine a opposé les CRS et la foule de lycéens, gaz lacrymogènes pour les uns contre jets de pierres pour les autres. Seize policiers ont été blessés. On ignore s’il y a eu des blessés parmi les manifestants.

Des casseurs

D’après la police, dégâts et débordements sont l’œuvre de 150 à 200 « casseurs », qui se seraient mêlés à la manifestation : « Il y a bien évidemment de nombreux lycéens qui veulent manifester dans le cadre de la loi, même si aucune autorisation n’a été délivrée par la préfecture, assure Jean-Michel Porez, directeur de la sécurité publique de l’Hérault. Et il y a des casseurs, qui ne sont pas lycéens, ou bien des lycéens qui profitent de l’occasion… »

Pour Ella, 17 ans, lycéenne à Mermoz, la violence « décrédibilise » ce mouvement : « Nous ne sommes pas là pour mettre le feu à Montpellier, mais simplement pour faire passer un message au gouvernement, montrer que nous sommes opposés à ce projet de loi, et se battre pour notre avenir. Ceux qui cassent ne sont pas lycéens ». « C’est dommage. Demain, on ne parlera que de ça dans les journaux », regrette Quentin.

Une réponse policière « disproportionnée »

Certains manifestants, ce jeudi, regrettait une « répression policière trop forte ». « La réponse policière a été disproportionnée, assure Lena, lycéenne de 1re. C’est une foule de mineurs qui manifeste, et on envoie des gaz lacrymogènes. J’étais assise par terre, les mains en l’air, et me suis faite gazer… »

Côté police, on assure que tout a été fait dans les règles de l’art. « Les fonctionnaires ont été courageux, ils ont travaillé avec fermeté et discernement, reprend Jean-Michel Porez. C’est compliqué d’intervenir lorsqu’il s’agit de mineurs, parce qu’ils ne sont organisés. Beaucoup ne savent pas pourquoi ils sont là. J’en ai même croisé un qui manifestait pour la loi Taubira. »

17 personnes en garde à vue

Pour Pierre Pouëssel, préfet de l’Hérault, la répression était légitime : « Lorsqu’une manifestation dégénère, et c’était le cas ce jeudi matin, c’est notre rôle de procéder de la manière la plus tranquille qui soit à une répression, lorsque c’est nécessaire ».

Une trentaine de manifestants ont été interpellés : 17 (dont 9 mineurs) étaient encore placés en garde à vue, au commissariat central, en début de soirée, pour des dégradations, des vols ou des incendies. Seule perspective d’accalmie : le début des vacances, vendredi, qui devraient stopper net le mouvement.