Montpellier : Ce que l'on publie sur les réseaux sociaux peut-il trahir notre état de santé mentale ?

RECHERCHE Deux chercheurs montpelliérains, qui collaborent au projet Mood, vont tenter de répondre à cette question...

Nicolas Bonzom

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Illustration: Un utilisateur de Facebook.
Illustration: Un utilisateur de Facebook. — Josef Horazny/AP/SIPA

On y avait tous pensé, des chercheurs vont tenter de le prouver : et si les réseaux sociaux permettaient de diagnostiquer l’état de santé mentale des internautes ?

C’est l’objectif du projet Mood, auquel participent deux chercheurs du Laboratoire d’informatique, de robotique et de microélectronique de Montpellier (université de Montpellier et CNRS). En se penchant sur les profils Facebook, Twitter ou Instagram de personnes volontaires, Sandra Bringay et Jérôme Azé vont tenter de s’interroger sur ce que cachent réellement leurs publications.

Détecter une dépression

« Le but, c’est de suivre de très près le comportement de ces internautes sur les réseaux sociaux, afin d’essayer de prévenir de leurs états, d’anticiper les changements ou de détecter des comportements dépressifs ou suicidaires, note Jérôme Azé. Nous allons analyser l’ensemble des contenus. Par exemple, le fait de publier à une heure tardive de la nuit peut traduire une certaine désocialisation… Les images publiées aussi peuvent indiquer un état. »

Le projet va amener les chercheurs à mettre au point « des algorithmes qui permettront d’identifier les émotions, comme la tristesse, ou le dégoût de soi, pour repérer ceux qui vont mal par exemple », confie Sandra Bringay.

Les murs Facebook pourraient ainsi devenir une véritable mine d’or pour les médecins. « Identifier les patients qui souffrent d’anorexie, d’une dépression ou qui seraient victimes de harcèlement, permettrait de mieux les prendre en charge », assurent les deux chercheurs montpelliérains.