Hérault: Un maire refuse des cours d'arabe à l'école

EDUCATION Pour Jean-Pierre Grand (LR), les enseignements de langue et de culture d'origine stigmatiseraient au lieu d'intégrer, et manqueraient de contrôle...

C.D.

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G. VARELA /20 MINUTES

Dans sa commune, 49 enfants de primaire se sont inscrits pour étudier leur langue et culture d’origine, comme le permet un dispositif national. Sauf que le sénateur-maire de Castelanau-le-Lez ( Hérault), Jean-Pierre Grand (Les Républicains), ne le voit manifestement pas d’un bon œil et refuse d’allouer moyens et locaux pour cet enseignement, « et tout particulièrement celui de langue arabe » indiqueMidi Libre.

Le quotidien régional relève que le maire a interpellé sur le sujet le recteur de l’académie, dans un courrier en date du 14 mars dernier.

Pour Jean-Pierre Grand, ce dispositif baptisé ELCO, ouvert aux enfants des travailleurs migrants en provenance de différents pays (Algérie, Croatie, Espagne, Italie, Maroc, Portugal, Serbie, Tunisie et Turquie), « n’est plus dans l’esprit qui a nécessité sa création ». « Il s’adressait à l’origine à des enfants d’immigrés de première génération, censés retourner dans leur pays d’origine, poursuit-il. Actuellement, ce programme les stigmatise au lieu de les intégrer. »

« Des parents d’élèves se sont plaints »

Jean-Pierre Grand s’interroge sur le « sérieux et contrôle de cet enseignement ». « Des parents d’élèves se sont plaints de ce regroupement communautaire, qui creuse un fossé entre les enfants », écrit-il au rectorat.

Et Midi Libre de s’interroger à son tour : « Mais en aurait-il été ainsi de ses inquiétudes, s’il s’était agi d’espagnol, de portugais ou de serbe ? ». « Non, bien sûr », a rétorqué l’élu au quotidien, jugeant qu’après les événements dramatiques que vient de connaître la France, « une plus grande vigilance est nécessaire ».

Un dispositif bientôt supprimé

Reste que le dispositif est appelé à disparaître de toutes les façons, « progressivement transformés en sections internationales à l’école primaire », comme l’a souligné Le Monde. Cela au motif que ces cours ne véhiculent pas un « enseignement linguistique de qualité » et enferment les élèves dans une « logique d’entre soi ». L’annonce, rappelait le quotidien, est passée « quasiment inaperçue dans le débat sur les sections bilingues et celui sur la laïcité à l’école ». Elle aura en tout cas sans doute échappé à Jean-Pierre Grand…