Béziers: Des surveillants inquiets de la radicalisation de plusieurs détenus

société Selon le syndicat Ufap-Unsa, une vingtaine de détenus seraient fichés S, ce que dément l’administration pénitentiaire...

C.D.

— 

Un surveillant de prison (illustration)
Un surveillant de prison (illustration) — FRED SCHEIBER/20 MINUTES/SIPA

Selon Midi Libre, l’inquiétude monte au sein du personnel du centre pénitentiaire de Béziers, où une vingtaine de détenus seraient fichés S affirme le syndicat Ufap-Unsa. Ce dernier exigerait ainsi, « dans les plus brefs délais », le transfert de « deux meneurs bien identifiés et qui propageraient leurs idées extrémistes ».

« Malgré les signalements quotidiens adressés par l’encadrement et les agents, la direction locale fait la sourde oreille et ne prend aucune mesure contre ce phénomène », déclare au quotidien régional Fabrice Caujolle, du bureau local du syndicat.

Midi Libre indique que le député Élie Aboud (Les Républicains) a rendu visite aux surveillants de la prison de Béziers, et adressé un courrier au ministre de la Justice pour attirer l’attention sur « le phénomène de la radicalisation de certains détenus à Béziers. »

Les fichés S mélangés aux autres détenus

« L’administration semble désemparée face à ceci, poursuit le député. Les surveillants ne sont pas suffisamment formés et, surtout, les personnes fichées S sont mélangées aux autres détenus ».

>> A lire aussi : Radicalisation: Plombée par le chômage, la jeunesse de Lunel se désespère

Interrogée par Midi Libre, la direction interrégionale de Toulouse assure que « le sujet est parfaitement suivi » : « Toutes nos observations sont alors remontées à Paris via la cellule interrégionale aux renseignements pénitentiaires qui transmet tout à la police », indique ainsi la direction, qui dément par ailleurs les chiffres avancés par l’Unsa.

« Nous sommes très vigilants »

De son côté, le procureur de la République de Béziers, Yvon Calvet, rappelle la plus grande prudence dans l’utilisation du terme de radicalisation. « Tant que l’on en est à une application très stricte de la religion, rien n’est répréhensible, affirme-t-il à Midi Libre. Cela devient une infraction quand il y a apologie de terrorisme. Quoi qu’il en soit, nous sommes très vigilants, surtout dans un établissement pénitentiaire et là, tant qu’il n’y a pas violation du règlement intérieur, nous n’avons rien à dire. »

Et d’ajouter : « Nous sommes persuadés que ceux qui sont véritablement radicalisés et dangereux ne le montrent pas et restent discrets. »