Montpellier: Le procès de l'imam Khattabi, soupçonné de fraudes, renvoyé au 16 mars

JUSTICE Il a comparu avec sa compagne devant le tribunal correctionnel ce mercredi soir, mais il n'y a pas eu de réel débat sur le fond...

Nicolas Bonzom
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Portrait de l'Imam Mohamed Khattabi le 25 octobre 2002 à la sortie de la mosquée de la cité de Valdegour à Nîmes
Portrait de l'Imam Mohamed Khattabi le 25 octobre 2002 à la sortie de la mosquée de la cité de Valdegour à Nîmes — DOMINIQUE FAGET AFP

Il n’y a pas eu de débat sur le fond ce mercredi, au tribunal correctionnel de Montpellier : en début de soirée, le président a renvoyé le procès de Mohamed Khattabi au 16 mars prochain. L’imam, d’origine marocaine, qui officie à la mosquée Aïcha dans le quartier Garosud à Montpellier, est soupçonné avec sa compagne de fraudes présumées.

L’homme avait été assigné à résidence, entre novembre et décembre, dans le cadre de l’état d’urgence, à son domicile de Saint-Georges-d’Orques (Hérault).

>> A lire aussi: Qui est l’imam Mohamed Khattabi, assigné à résidence à Montpellier ?

« Ce sont des dons »

Sa compagne est accusée d’avoir perçu indûment une allocation de soutien familial et une aide au logement de juillet 2012 à novembre 2015 alors que l’ensemble de la famille aurait vécu « dans un même domicile », avait confié le procureur Christophe Barret. Son avocat, Me. Arié Alimi, conteste : ils ne vivent pas sous le même toit.

De son côté, Mohamed Khattabi devait notamment répondre de « travail dissimulé » et de « blanchiment », liés à des « toilettes mortuaires », pour lesquelles il est accusé d’avoir été payé, par chèques, sans que rien ne soit déclaré. « Ce sont des actes religieux, au même titre que les dons qui sont remis à un prêtre catholique », a assuré l’avocat de l’imam ce mercredi. Des dons qui ne seraient donc pas soumis à l’impôt.

L’avocat s’est également ému du contexte dans lequel ce procès a lieu, pointant notamment du doigt les déclarations à la presse du procureur de la République, en décembre, estimant que la présomption d’innocence avait été bafouée. Me. Arié Alimi s’est également insurgé de la déclaration de l’ancien préfet Pierre de Bousquet, qui avait traité son client de « fraudeur » et de « tricheur ».

D’autres nullités de procédure, notamment sur le contrôle judiciaire et la perquisition administrative, ont été soulevées par la défense, contraignant le tribunal à renvoyer l’examen de l’affaire au 16 mars prochain.