Montpellier: L'imam Khattabi est convoqué ce mercredi devant la justice pour des fraudes présumées

FAITS DIVERS L'homme avait été assigné à résidence pendant vingt jours de novembre à décembre. Son avocat conteste toutes les accusations formulées envers le Montpelliérain et sa compagne...

Nicolas Bonzom
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Mohamed Khattabi (Archives).
Mohamed Khattabi (Archives). — Jérôme Diesnis / Maxele Presse

Mohamed Khattabi est attendu, ce mercredi en début d'après-midi, devant le tribunal correctionnel de Montpellier. L’imam contreversé, qui officie à la mosquée Aïcha, dans le quartier de Garosud, est soupçonné avec sa femme de fraudes présumées.

Sa comparution intervient alors que le 11 décembre dernier, l’assignation à résidence de l’imam montpelliérain à son domicile de Saint-Georges d'Orques avait été abrogée, vingt jours après sa mise en place le 22 novembre, dans le cadre de l’état d’urgence.

>>> Lire aussi : État d'urgence : Qui est l’imam Mohamed Khattabi, assigné à résidence à Montpellier ?

Quelque 28.000 euros de fraudes présumées

La compagne de l'imam aurait perçu « indûment une allocation dite de soutien familial et une aide au logement de juillet 2012 à novembre 2015 », avait confié le procureur de la République de Montpellier, Christophe Barret, en décembre dernier lors d'une conférence de presse, soit une somme de quelque 20.000 euros au total. Et ce, alors que l’ensemble de la famille aurait vécu « dans un même domicile », soulignait-il.

De son côté, l’imam canadien, d’origine marocaine, devra aussi répondre de « travail dissimulé » et de « blanchiment », liés à des « toilettes mortuaires » pour lesquelles il aurait été payé, par chèques, pour 7.300 euros au total, sans que cela ne soit déclaré.

Des accusations contestées

Des accusations contestées par Me Arié Alimi, leur avocat. « Il n’y a aucune preuve », a-t-il confié, ce mardi à 20 Minutes. « Les sommes évoquées [liées aux toilettes mortuaires] sont des dons (...) Quant à cette affaire d’allocation indûment perçue, elle n’a pas lieu d’être : sa compagne n’habite pas avec M. Mohamed Khattabi, comme cela a été démontré au cours de l’enquête. Cela ne tient pas. M. le procureur de la République avait tout simplement envie de poursuivre M. Khattabi... »

Christophe Barret a d’ailleurs été cité comme témoin par la défense, « puisqu'il a témoigné devant la presse », reprend l'avocat. « Et s’il ne vient pas ce mardi, c’est que cela ne tient pas. » 

De son côté, le 18 décembre dernier, l’imam, très actif sur les réseaux sociaux, critiquait l’acharnement judiciaire dont il estime être victime : « À une semaine de Noël, il y en a qui aimerait recevoir ma tête en cadeau », notait-il sur Facebook.