Anne Fraïsse : « L'Idex ? Ce n'est pas de cette façon que les universités doivent être financées », confie la présidente de Paul-Valéry

UNIVERSITES L'universitaire répond à Philippe Augé, président de l'université de Montpellier, qui l'accuse dans l'échec de l'obtention du label...

Nicolas Bonzom

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Anne Fraïsse, présidente de l'université de Montpellier.
Anne Fraïsse, présidente de l'université de Montpellier. — N. Bonzom / Maxele Presse

Anne Fraïsse répond à Philippe Augé. La présidente de l’université de lettres et de sciences humaines Paul-Valéry est pointée du doigt par le président de l’université de Montpellier, fusion de l’UM-1 (droit) et l’UM-2 (sciences).

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En cause : le nouvel échec à l’obtention du label Idex. Vendredi, le projet de l’université de Montpellier et de ses 19 partenaires n’a pas été retenu par l’appel à projet d’initiative d’excellence, qui vise à distinguer des pôles d’enseignement et de recherche, en vue d’obtenir un financement d’une vingtaine de millions d’euros par an.

« Ce sont des villes dans lesquelles toutes les universités ont fusionné (…), ou des villes qui possèdent une seule université, qui décrochent l’Idex, confie Philippe Augé. Je regrette qu’à Montpellier une université soit restée en dehors de la dynamique de fusion. » 20 Minutes a demandé à Anne Fraïsse ce qu’elle en pensait.

Que répondez-vous à Philippe Augé ?

C’est dans la logique des choses… C’est difficile de dire autre chose que ça. Quand on mène un projet, et que ce projet est faux, ce n’est pas ceux qu’on a sortis du projet qui sont responsables. Il faut qu’ils assument leur échec. Dire que l’Idex est attribué à des villes où les universités sont toutes fusionnées, ce n’est pas vrai : Lille proposait la fusion des trois universités et s’est fait retoquer. Et Toulouse et Bordeaux, qui n’ont pas qu’une seule université, ont un label.

Comment vivez-vous le fait d’être constamment le bouc émissaire de la communauté universitaire ?

Peu importe. A l’époque, l’Idex 1 était porté par notre université. Et on était coupable parce qu’on était dedans… Sur l’Idex 2, on était coupable parce qu’on n’y était pas. Sur l’Idex 3, on est coupable, parce qu’on nous en a sortis : en avril, le projet avait été présélectionné en étant porté par la Comue-LR [Conférence des universités et des écoles du Languedoc-Roussillon, dans laquelle Paul-Valéry se trouve]. Le jury avait recommandé de donner plus de poids à la Comue-LR pour réussir. C’est le contraire qui a été fait. L’université de Montpellier a voulu faire cavalier seul. Et on a été exclu.

L’Idex, c’est plusieurs dizaines de millions d’euros de financement par an. Ce n’est pas vital pour vous ?

Non. Qu’on y soit ou pas, il n’y a jamais eu grand-chose pour nos disciplines. L’Idex, ce n’est pas une bonne solution. Ce n’est pas de cette façon que les universités doivent être financées. Cela introduit des rivalités.

Pour vous, la fusion, ce n’est pas pour demain donc…

Nous n’avons aucun intérêt à aller dans cette fusion. On défend la Comue-LR, un regroupement des universités, en laissant une autonomie à chacun, et en même temps, des possibilités pour travailler ensemble… Mais vous savez, je termine mon mandat à la fin du mois d’avril. Les élections auront lieu en mars, et après huit ans de présidence, je ne peux pas me représenter. Il faudra poser la question à celle ou celui qui prendra la suite.